<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071</id><updated>2012-02-16T08:11:40.112Z</updated><title type='text'>laft project</title><subtitle type='html'>Il s’agissait de ne pas mourir, pour pouvoir jouir encore.
Jouir plus que d’ordinaire car la mort était proche, son odeur enveloppante s’insinuait dans chaque parcelle de liberté qu’ils avaient abandonnée.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>45</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-6209020680218560950</id><published>2010-05-30T21:07:00.003+01:00</published><updated>2010-05-31T08:49:15.823+01:00</updated><title type='text'>Another Galaxy (5)</title><content type='html'>Nous sommes le produit de l’indicible. Etrange comme il est étrange d’être né de la mort mise en théorie puis en pratique. Etrange d’avoir ensuite vécu dans ce sentiment d’amour, dans cette croyance d’un monde meilleur, qui prouve d’ailleurs que l’histoire ne peut sans doute jamais s’analyser trop vite. Nous avons été aimés. Nous avons été choyés. Nos parents sont les enfants du luxe et du confort qu’ils ont acquis après des années de malheur. Nous avons construit un monde d’illusions parfaites. Notre monde a réduit notre réalité à ce désir sans cesse renouvelé qui est comme notre carburant. La culture s’est évaporée, comme si n’était plus nécessaire à notre existence. Cette idée a quitté les bancs des écoles pour d’autres notions plus séduisantes et tellement moins exigeantes. On parlera d’épanouissement personnel, d’ouverture au monde etc…&lt;br /&gt;Nous avons toujours été des êtres de malheur, plongés dans un monde cruel, un monde trop dur pour nous, mais on nous a fait croire que ce monde était le meilleur des mondes.&lt;br /&gt;Nous sommes nés d’un tas de cendres. Nous familles, nos âmes, nos essences profondes ont été anéanties sans qu’il ne nous soit possible de comprendre pourquoi. Plus nous avançons, plus nous nous interrogeons pour tenter de comprendre cette chose tellement incroyable qu’on finit par en douter. Il y a comme un destin, comme une page qui se tourne puis revient toujours en arrière car il est impossible d’avancer. Je vous propose aujourd’hui à tous d’avancer. De déjouer les plans des imbéciles et des malfaisants. D’aller contre ce destin, contre cette page qui toujours revient au même point comme si elle ne voulait pas s’écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour avancer, il vous faudra tuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence se fait profond dans la salle immense. Chaque âme réalise soudain que ce qu’elle savait est en train de prendre forme ici. Chaque personne ici présente comprend enfin que parce que nous ne sommes que les jouets de l’histoire qui se fait sans nous sa vie désormais a changé. Son monde, son contexte, ses buts, ce pour quoi on s’est jusque là toujours levé le matin, tout cela est terminé. Désormais, nous allons être des soldats d’une juste cause. Des soldats qui vont expérimenter quelque chose.&lt;br /&gt;Dans ce monde du confort éternel, tout cela est trop difficile à croire.&lt;br /&gt;Chaque jour on pense que ce n’est qu’un rêve, un mauvais rêve et qu’on va vite retourner à ses futiles préoccupations. On va retourner au supermarché ou au centre commercial. Mais petit à petit on réalise que tout cela est fini, terminé. Petit à petit on entre à l’intérieur de l’écran, du décor qui se retourne et s’efface à mesure que l’on avance. Tout cela, nos petites vies réglées, nos maisons, petites ou grandes s’effacent pour laisser la place à un vide éblouissant. Blanc virginal de cet envers qui s’offre à nous. Si l’on remet des lunettes pour ne pas être ébloui trop longtemps, les choses redeviennent normales. Les étals des supermarchés se remplissent à nouveau. Encore on boit des verres avec des amis, jusqu’à se rouler par terre ou prendre le volant ivre et risquer de tuer des innocents. Les écoles à nouveau raisonnent des rires de ces enfants à qui l’on n’apprend plus rien d’autre qu’à être eux-mêmes, comme si la nature humaine était instinctivement bonne. Les hommes dans les transports en commun, vêtus de leur costume cravate retournent faire marcher le système.&lt;br /&gt;Les marchés, tout ça l’argent. Toutes ces choses incompréhensibles qui nous font vivre… tout cela continue de fonctionner, virtuellement, ou non, avec quelques accidents par ci par là, les choses avancent, le tapis du décor continue de dérouler ses motifs, tandis que derrière tout s’efface et éblouit davantage celui qui n’est pas du bon côté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il va nous falloir tuer…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-6209020680218560950?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/6209020680218560950/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=6209020680218560950' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/6209020680218560950'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/6209020680218560950'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2010/05/another-galaxy-5.html' title='Another Galaxy (5)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-1304363170874163702</id><published>2009-05-14T08:56:00.001+01:00</published><updated>2009-05-14T08:56:49.477+01:00</updated><title type='text'>Another Galaxy (4)</title><content type='html'>Ils étaient venus là pensant trouver une quiétude nouvelle, pour eux, ou pour leurs frères en humanité, ceux que par tant de fois on avait tenté d’effacer déjà et qu’à nouveau on voulait ennuyer.&lt;br /&gt;Certains étaient touchés de près, d’autres simplement avaient décidé qu’il était temps de voir, de ne plus se laisser berner, étourdir par trop de discours bien pensants. Ils en avaient eu assez.&lt;br /&gt;Mais par lâcheté ou simplement par sentiment d’impuissance, ils avaient pensé qu’il serait vain de se battre. Alors ils étaient partis.&lt;br /&gt;Cela leur en avait couté. Fuir pour échapper à un destin que l’on imagine funeste sans aucune certitude ni du pire ni du meilleur n’est pas chose aisée. C’est douloureux de quitter un pays que l’on a cru aimer.&lt;br /&gt;Un pays dont on a cru qu’il nous protègerait nous, ou nos semblables, parce que déjà une fois il nous avait lâchés. C’était sans compter sur le destin. Un Destin bien particulier.&lt;br /&gt;Quitter sa langue, pour la même certes, mais différente malgré tout. Un autre monde que l’on allait rejoindre en se convaincant qu’il serait celui de la liberté. Peut-être un doute comme un pressentiment avait-il failli les arrêter, mais il faut croire que le destin est le destin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors ceux qui se sentaient directement menacés, et ceux qui l’étaient sans doute un peu moins, mais ne voulaient pas abdiquer leurs valeurs sont partis. Ils ont cru choisir la tranquillité, ont pensé ne pas faire de mauvais choix en abandonnant l’Europe à son habituelle bonhommie. Pour ne pas dire autre chose.&lt;br /&gt;Qu’ont-ils trouvé ?&lt;br /&gt;La même chose ou presque sur un autre continent. Au début c’était plus facile, plus gai. Le sentiment que les choses allaient changer, parce que de ce côté de l’Atlantique on était moins souple. Le désir de découvrir, de voir…&lt;br /&gt;Moins de moyens, moins de besoins, plus d’envie.&lt;br /&gt;Puis très vite les choses se sont dégradées. Ils ont compris qu’on ne pouvait fuir l’inéluctable.&lt;br /&gt;Alors ici comme dans l’Europe puante, certains ont commencé à prendre les armes. A recruter.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-1304363170874163702?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/1304363170874163702/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=1304363170874163702' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1304363170874163702'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1304363170874163702'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2009/05/another-galaxy-4.html' title='Another Galaxy (4)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-4999814052148174746</id><published>2008-12-18T21:45:00.001Z</published><updated>2009-05-12T08:39:46.442+01:00</updated><title type='text'>Another galaxy (3)</title><content type='html'>Lorsqu’ils se lèveront elle sentira l’espace d’un court instant si oui ou non les choses vont prendre tournure.&lt;br /&gt;C’est assez étrange d’être là ainsi, prête à tout. Prête à attendre le moment où il lui faudra agir. Sans aucun regret.&lt;br /&gt;Elle a pourtant toujours été peureuse. Inquiète de tout et finalement, elle est là prête à foncer, sereine, excitée presque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle croit entendre un bruit. Réalise qu’elle n’a même tenté de se voir dans un miroir. Son visage doit être gonflé, marqué par cette nuit trop courte, et par ces années trop longues. Elle prend de moins en moins de temps pour se maquiller. Et finalement c’est un peu comme si elle se retrouvait. Parfois il lui semble que de rester naturelle ainsi la ramène en arrière. Les traits ont changé, des poches lourdes ont pris leur place sous les yeux. Quelques rides profondes sillonnent à présent son visage, mais, lorsqu’il lui arrive de le croiser dans un miroir, elle croit y voir une flamme qui avait depuis longtemps disparu. Elle se regarde d’un peu plus loin aussi.&lt;br /&gt;Le bruit se précise.&lt;br /&gt;Quelqu’un est levé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si c’est Arnaud pense-t-elle… et la coquetterie la reprend. Puis elle se ressaisit, réalise qu’elle n’a au fond plus assez d’énergie pour tous ces enfantillages. Surtout aujourd’hui, maintenant qu’elle est embarquée dans cette aventure. Alors la facilité la gagne. Comme elle l’a souvent fait depuis plusieurs années, alors qu’elle se sentait laide, vieillie, elle emprunte l’habit que semble lui tendre le regard de l’autre. Elle n’est plus dans la course. C’est ainsi. C’est reposant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- tu veux du café ? lance-t-elle à l’homme qui s’avance vers elle.&lt;br /&gt;- Tu en as fait ?&lt;br /&gt;Elle croit remarquer que le regard qui lui est tendu n’est pas aussi innocent qu’elle aimerait qu’il le soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- non mais je vais en faire. Répond-elle en se redressant.&lt;br /&gt;- Ne bouge surtout pas. Je vais le faire, ça me réveillera dit-il en s’éloignant vers la cuisine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il va nous falloir des cigarettes pense-t-elle alors. Beaucoup de cigarettes si on veut arriver au bout de ce petit jeu….&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-4999814052148174746?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/4999814052148174746/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=4999814052148174746' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/4999814052148174746'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/4999814052148174746'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2008/12/another-galaxy-3.html' title='Another galaxy (3)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-1033358991865692117</id><published>2008-09-04T21:18:00.001+01:00</published><updated>2008-09-04T21:18:34.495+01:00</updated><title type='text'>Another galaxy (2)</title><content type='html'>Le jour se lève.&lt;br /&gt;Il ne fait plus nuit.&lt;br /&gt;C’est un moment merveilleux qui signifie que le temps a passé sans trop créer de troubles.&lt;br /&gt;L’horizon se devine un peu, après la ville que l’on domine de la grande baie.&lt;br /&gt;Ce ne sera pas une belle journée, au sens où on l’entend souvent. Une brume grisâtre, semble bien décidée à se répandre un peu partout, à moins qu’il ne s’agisse simplement de ce moment où les ombres vespérales laissent place. Qui sait ?&lt;br /&gt;Peut-être aura-t-on du soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas très important c’est sûr. La pollution répandra sa lourdeur enchanteresse quoi qu’il en soit et puis, de toute façon, il est probable qu’ils ne sortiront pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la table reposent trois tasses, et un pot de café froid, ainsi qu’un cendrier qui n’est pas aussi plein qu’on pourrait l’imaginer, simplement à cause des kilomètres qu’il faut parfois faire pour se procurer des cigarettes.&lt;br /&gt;L’odeur est malgré tout là lorsqu’elle pénètre dans le salon et elle se souvient, et elle regrette cette époque bénie des nuits passées à parler et à fumer dans l’insouciance de ses vingt ans. Avec un avenir et une géographie qu’elle croyait liés et assurés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avance et observe l’aube. Cela produit toujours un effet bizarre sur les gens. Il est toujours trop tôt pour se lever. Trop tôt pour se quitter. Trop tôt pour mourir.&lt;br /&gt;D’autant plus étrange qu’au fond de soi on a toujours vingt ans, ou moins. L’époque où l’on pouvait parler et fumer sans fin est encore inscrite en elle. Elle relève ses cheveux et les noue en une queue de cheval éphémère qui se défait aussitôt et les cheveux retombent en une masse épaisse et lourde, à l’image de ce qu’elle imagine de son visage en ce matin, après cette nuit trop courte.&lt;br /&gt;Elle ramasse la cafetière. Et les tasses et se dirige vers le coin cuisine, derrière le bar. Pose le tout dans l’évier puis retourne chercher le cendrier en regardant la ville au loin. Ce qu’ils ont perdu, ce qu’ils ont enfin perdu à jamais.&lt;br /&gt;Au moment où elle ouvre la poubelle pour y vider le contenu du cendrier elle se ravise en apercevant un mégot qui est en réalité une cigarette presque entière. Elle sourit à ce qui lui passe par la tête.&lt;br /&gt;Non bien sûr, ce ne serait pas raisonnable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais à quoi bon être raisonnable, pour quoi faire enfin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle souffle un peu sur le mégot puis le malaxe légèrement afin de le redresser avant de repartir dans le salon et de prendre le briquet sur la table basse en plexi.&lt;br /&gt;Elle se l’allume.&lt;br /&gt;N’avale pas la première bouffée comme on lui a appris jadis qu’il était préférable de le faire puis aspire à nouveau et sent enfin la violence qui lui claque dans la gorge à ce moment précis où le monde se décompose. Une  partie du monde qui explose.&lt;br /&gt;Satisfaite, elle retourne dans la cuisine, puis en revient avec le cendrier encore sale des cendres de la veille, le pose sur la table. Elle referme son peignoir puis s’installe les genoux pliés sur le canapé orange.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-1033358991865692117?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/1033358991865692117/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=1033358991865692117' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1033358991865692117'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1033358991865692117'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2008/09/another-galaxy-2.html' title='Another galaxy (2)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-56407154053897000</id><published>2008-03-10T20:34:00.003Z</published><updated>2008-05-05T21:33:14.414+01:00</updated><title type='text'>Another galaxy</title><content type='html'>Nous avons voulu croire que c’était possible. Nous avons voulu penser qu’on allait gagner, et en fait on a perdu.&lt;br /&gt;Et ça je ne peux me l’expliquer.&lt;br /&gt;Je ne comprends pas pourquoi, pourquoi l’homme a besoin de lutter pour continuer à exister. Pourquoi dans notre cas, nos sociétés ont commencé à se dématérialiser avec l’avènement de la facilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas non plus. Mais il est vrai que nos progrès ont comme été concomitants du retour de l’obscurantisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas si c’est un retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi non plus au fond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non c’est vrai, ce n’est sans doute pas un retour, mais plutôt une re-plongée. C’est-à-dire qu’on en sortait et que maintenant on y retourne. Mais comme tout le reste c’est faux bien sûr, car ces enragés, ces chiens enragés comme les appellent certains utilisent nos progrès, notre facilité à leurs fins obscures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est certain, et il est vrai que c’est étrange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas le seul de leurs paradoxes, mais ce n’est pas le moindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est sûr. Mais c’est vrai que dès le début, dès que l’on a vu fleurir ou plutôt comment pourrais-je dire, dès que l’on a vu se multiplier les femmes masquées un peu partout dans les rues, les autobus, on a aussi compris qu’elles avaient une vie similaire à la nôtre. Prisonnières de leurs choix elles étaient sans doute, ainsi que de leur concubins, car en réalité ils ne sont souvent pas mariés selon nos règles, mais pas pour autant enfermées à la maison. Il fallait malgré tout qu’on les voit au Mac Do, ainsi que dans les parcs pour enfants, chez Ikea, enfin bref dans tous les lieux, voire les temples de la consommation. Même les plus infidèles, même les plus sataniques selon leur conception.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eh bien oui, bien sûr. C’était une nécessaire adaptation.&lt;br /&gt;Pour prendre place en profondeur dans un système il faut l’habiter, l’entrer de l’intérieur, sinon la force du groupe joue contre soi. Mais dès lors qu’on a le nombre et en plus la visibilité, alors les choses se font presque d’elles-mêmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est amusant au fond, car cela va à l’encontre de toutes les théories du complot. C’est une démonstration par l’absurde de leur incohérence. Les desseins les plus nuisibles, les pires plans se font au grand jour, et il semble que c’est ainsi qu’ils prospèrent le mieux, qu’on leur fait place nette. Ceux-là même qui ont décidé de nous asservir le proclament haut et fort depuis des lustres. Mais les gens n’ont jamais semblé s’en inquiéter. Dans le même temps, ils ont réveillé des vieux mythes, vieux plus ou moins oubliés pour leur donner une seconde jeunesse à laquelle le plus grand nombre a vite semblé adhérer, alors qu’eux même faisaient sans se cacher, ce qu’ils reprochaient aux autres, mieux donc ils s’en vantaient et personne ne semblait relever l’ironie de cette situation. On préfère prêter aux autres ces velléités dominatrices tandis qu’un plan semblable s’exerce sous nos yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a là un mystère étonnant. C’est sûr, mais qui n’intéressera personne. Qui n’a intéressé personne surtout dans nos contrées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ben oui, surtout en France, il faut admettre que le terreau était prêt. Cela faisait quelques décennies maintenant que notre République était dissoute et que seules quelques traces d’une mythologie passée survivaient. Notre beau pays vivait d’une légende sur les traces d’une autre. Tout y était faux, inauthentique, plus un seul être humain capable de raisonner normalement. A croire que la raison justement avait déserté. Que le mensonge, que dis-je, la propagande avait fini par vaincre. Pas comme on aurait cru qu’elle le fît, pas immédiatement, mais en délayant ses fils invisibles dans les années à venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que j’ai perdu le fil justement. Je ne suis plus sûre de comprendre. On parle toujours de la même chose ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui à peu près, mais ce que je veux expliquer c’est que c’était facile. La réalité comme les illusions avaient disparu, pour petit à petit laisser place à la facilité et aux restes de légende. Une légende partout ailleurs décriée, montrée au grand jour comme l’immonde totalitarisme criminel qu’elle avait été sauf ici.&lt;br /&gt;Ici on faisait semblant d’être sur une autre planète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ailleurs, cet ailleurs merveilleux de la lutte des classes, transformée en 35 h00 et puis vite on ne comprit plus en quoi d’autre, mais en un autre avatar, tous issus du même paradigme, de la même illusion, du même mensonge, de la même propagande.&lt;br /&gt;Sauf que.&lt;br /&gt;Sauf que, lorsque la propagande se dissémine sur plusieurs générations, elle perd l’aspect de ce qu’elle est vraiment, elle devient la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ce qui s’est passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ce qui a permis la suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G ou...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-56407154053897000?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/56407154053897000/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=56407154053897000' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/56407154053897000'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/56407154053897000'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2008/03/another-galaxy.html' title='Another galaxy'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-1986463942441702111</id><published>2007-12-13T21:23:00.000Z</published><updated>2007-12-13T21:24:20.711Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (38)</title><content type='html'>Mon ventre s’arrondit. Oui c’est ça. C’est enfin cela. Il s’arrondit et la vie prend forme je crois. C’est un enfant qui n’aurait pas de père. C’est un enfant qui n’aurait pas de pays. C’est un enfant qui n’aurait que moi. Je serais sa seule chose au monde, il serait ma seule chose au monde. Lui pour moi et moi pour lui.&lt;br /&gt;Nous vivrons à la campagne. Nous nous cacherons, le temps qu’il faudra. Il en faudra peut-être beaucoup. Mais je sais que ce sera bien. Pour lui et pour moi, mais pour lui surtout. En attendant, il faut juste que je le protège encore. Que je mange bien. Que je me soigne. Et que je sois docile.&lt;br /&gt;A la boutique ils vont tiquer un peu, c’est sûr. J’ai déjà pris quatre kilos. Oh, au fond, ça ne fait qu’un kilo par mois, un peu plus peut-être, mais je m’en fiche à un point. La seule chose que je regrette sans doute est cette vision, cette idée qui me trotte sans cesse dans la tête, jamais un homme ne me dira que je suis belle enceinte. Que la maternité me va bien. Aucun homme ne posera ce regard attendri sur moi, ni plus tard sur mon enfant. Sur notre enfant.&lt;br /&gt;Moi je me trouve belle. Pour la première fois de ma vie, je me trouve belle. Je prends des photos de moi, régulièrement.&lt;br /&gt;J’ai déjà acheté tout un tas de vêtements parce que je ne rentrais plus dans les miens, et aussi parce que je voulais être belle comme ça. Belle pour ça.&lt;br /&gt;La solitude n’existe plus vraiment.&lt;br /&gt;De toute façon, cela fait longtemps que l’on a tué la solitude pour un enfer technologique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais les angoisses qui bientôt m’accompagneront, à chacun de ses pas, à chacun de ses moments loin de moi. Mais il vivra, il sera fort j’en suis certaine, parce que c’est de ma force qu’il sera né. De la force que j’aurai eue de conjurer mon destin.&lt;br /&gt;Partir ensemble et retrouver un peu d’une vie réelle nous donnera de cette liberté qui vient à tant nous manquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-1986463942441702111?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/1986463942441702111/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=1986463942441702111' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1986463942441702111'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1986463942441702111'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/12/pour-un-monde-meilleur-38.html' title='Pour un monde meilleur ? (38)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-8335832664056906945</id><published>2007-10-18T21:48:00.000+01:00</published><updated>2007-10-18T21:49:24.965+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (37)</title><content type='html'>Attendre.&lt;br /&gt;Attendre devant un écran d’ordinateur qu’un son illumine la nuit de solitude, attendre son petit cellulaire à la main, qu’une vibration éveille ce secret espoir tout en craignant vivement la déception qui pourrait en découler… le message ne viendrait pas du bon destinataire. Non juste une invitation à choisir une autre religion que celle dont quelques signes nous ont été donnés par notre simple ascendance. Un de ces nombreux short message qui désormais encombrent notre quotidien, au point qu’est souvent évoquée l’idée de se débarrasser purement et simplement du petit mobile. Or qui le pourrait ? Il est encore tôt. Le moment viendra sans doute, mais ce n’est pas maintenant.&lt;br /&gt;Ainsi grâce à notre addiction, à notre prothétique besoin d’être liés sans cesse, pour être mieux rassurés sans doute, pour toujours savoir, jouir encore, ils ont gagné. Même dans notre technologie, rare et meilleure représentation de notre société perdue à leurs yeux, ils parviennent à nous dominer, à nous pourrir l’existence. Toute leur perfidie réside dans cette contradiction sans cesse révélée, exposée, proclamée presque comme pour nous montrer à quel point nous sommes stupides de nous laisser berner ainsi. Le Moyen Age ne leur suffisait pas, il leur fallait aussi nous prendre nos technologies pour mieux espérer nous posséder. Et bien sûr, en profiter pour nous faire passer pour des cons que nous étions.&lt;br /&gt;Parfois le bon sens est désarmé devant les plus vils  et imbéciles instincts. Surtout pour les agneaux que nous sommes devenus.&lt;br /&gt;Il fait nuit. Martha est seule dans son bureau éclairée par la seule lumière de l’écran… elle écoute des airs de sa jeunesse, regarde des clips et pense ce soir qu’il est possible d’avoir quatorze ans à nouveau, qu’il est possible de vivre sans conséquences, puisqu’il est aussi possible de mourir sans raison, de souffrir pour rien, de voir le monde se lever en un tourbillon de fumée.&lt;br /&gt;Martha regarde la chanteuse des Cocteau Twins et ne comprend pas comment il se fait qu’elle soit à ce point habitée par ses jeunes années, comme si ce soir encore elle partait pour une soirée, tandis que son mari dort à quelques mètres de là. Martha regarde encore le petit objet posé près d’elle, qu’elle se fera bientôt greffer sur le cœur. Il ne sonne pas, n’indique rien. Il l’a oubliée. Elle cherche maintenant les Thomson Twins… au fond la musique des années 80 n’a de bon réellement que ce qu’elle imprime parfaitement le son de sa décennie, comme toutes les musiques de chaque décennie avant elle, et peut-être pas après, puisque après on est passé dans l’infini du temps qui s’étire aujourd’hui à loisir et pour toujours. Ce soir Martha part pour une fête où elle retrouvera les gens de son lycée, son petit lycée de banlieue. Ce soir elle se fera belle, simplement belle sans apparat car elle n’a pas l’âge. On se pose moins de questions alors, alors que le temps n’a pas entamé notre peau, notre visage, n’a pas mordu notre naturel de cette injuste et incroyable dégradation qui nous fait bien comprendre que nous ne sommes nous-mêmes que pendant une dizaine d’années à peine. Ensuite nous devenons l’ombre d’un nous-même qui a trop peu vécu pour être, nous sommes en quelques sortes l’ombre de la déception que nous laissons sur le monde. Mais ce soir, elle est là, belle, pleine, confiante. Jeune et donc vivante.&lt;br /&gt;Ce soir, dans le gymnase d’une école pour sourds-muets elle dansera, il fera chaud, humide et dehors, à l’extérieur, elle sortira, son gobelet d’une quelconque boisson sera dans sa main. Elle rira, peu car elle restera elle-même il ne faut pas rêver, mais elle le cherchera du regard. Tournera un peu sur elle-même au son de la musique du lieu où l’eau coule sur les vitres, où les jeunes dansent et se dépensent, ce que les vieux ont du mal à faire ensuite. Ses copines ne seront pas loin sans doute. Elle le verra, là bas, un peu plus loin près de la grille. Il fait frais dehors, il est bientôt onze heure. Dans une heure son père viendra la chercher. Dans une heure il sera trop tard. Il lui sourit.&lt;br /&gt;Ce soir il est plus âgé qu’elle. Ce soir il est celui qui vient vers elle. Il s’approche, il sourit. Ça y est il lui parle, il se moque d’elle. Il l’imite, il la reprend. Puis il lui demande ce qu’elle boit et s’allume une cigarette. Elle dit : tu veux goûter ?&lt;br /&gt;Il attrape le gobelet et trempe ses lèvres dans la boisson inconnue… elle lui demande une taffe de la cigarette, il la lui tend, la place dans sa bouche. Elle se concentre et aspire….&lt;br /&gt;Il lui sourit. Il dit : tu trouves pas que la musique est trop forte ?&lt;br /&gt;Déjà il est original.&lt;br /&gt;Il dit tu veux pas aller plus loin et déjà Martha sent les battements de son cœur investir sa trachée, bientôt elle claquera peut-être des dents, pas le froid mais l’émotion, cette émotion si forte dont sont capables les jeunes personnes…&lt;br /&gt;Ils marchent maintenant à la recherche d’un coin un peu plus tranquille isolé. Il lui demande si elle a commencé à réviser pour le Bac Français, elle répond timidement qu’elle n’est qu’en seconde, et le grillage noir s’éloigne, la lumière s’atténue, on sent la présence de quelques corps fondus de ci de là, sans les voir. La nuit embaume l’espace de toute sa virginité.&lt;br /&gt;Il s’approche d’elle au fur et à mesure qu’ils s’enfoncent sans savoir où, vers le lieu qui accueillera leur intimité bientôt, et le cœur bat trop fort, et ils avancent, il la touche à présent. Il lui demande si elle veut une autre taffe, elle dit oui. Il sourit. Passe la main dans ses cheveux.&lt;br /&gt;Alors t’es qu’en seconde ?&lt;br /&gt;Mais j’étais persuadé que t’étais dans la classe de Caroline…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ben non. C’est ma cousine, mais je suis en seconde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fais du détournement de mineurs alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ben oui, sans doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il pose ses lèvres sur les siennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-8335832664056906945?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/8335832664056906945/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=8335832664056906945' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/8335832664056906945'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/8335832664056906945'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/10/pour-un-monde-meilleur-37.html' title='Pour un monde meilleur (37)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-3817752325548149369</id><published>2007-10-02T19:45:00.001+01:00</published><updated>2007-10-02T19:46:35.297+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (36)</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RwKSAEfdhqI/AAAAAAAAAA8/2mTj7xiFJio/s1600-h/Photo+024+copy.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5116812656549660322" style="CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RwKSAEfdhqI/AAAAAAAAAA8/2mTj7xiFJio/s320/Photo+024+copy.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Soudain, sans qu’elle n’en perçoive la raison l’ivresse s’envole. Devant ce ruban de métal qu’elle devine s’étirant à perte de vue dans la nuit vague et il y a une seconde encore magnifique, ses esprits lui reviennent comme s’ils ne l’avaient jamais quittée. Elle ne sait pas très bien ce qu’elle fait là, mais une chose comme un pressentiment lui indique que la romance est terminée.&lt;br /&gt;Nous ne sommes pas là pour ça.&lt;br /&gt;Elle comprend alors qu’il est nécessaire qu’elle redevienne l’aînée, la femme qu’elle pensait être la première fois qu’elle a croisé Yohan. Une femme à peu près sûre d’elle en apparence, dont il ne reste de la libido qu’un vague souvenir, une trace un peu épaisse dans la chair et dans la tête, comme une chose dont on a aimé savoir l’existence tout en sentant que le jour où cela se calmerait, cela ne ferait pas de mal, au contraire.&lt;br /&gt;Un petit regret cependant semble vouloir la retenir encore faiblement dans la perspective de la rencontre, l’instant où enfin se précise l’aura de sensations qui nous habite depuis des semaines voire des mois, la minute où l’autre confirme tout ce que l’on a cru, sans pouvoir en être vraiment assuré. Si la raison l’appelle à reprendre son habit de personnage humain, peut-être son cœur ou une chose proche semble ne pas pouvoir s’y résoudre, comme s’il ou elle sentait qu’après cela, les choses seraient différentes, impossibles même.&lt;br /&gt;Mais nous sommes là, ensemble face à cette frontière en métal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle l’interroge du regard. Il répond par un sourire, puis dit à voix basse : tu vas voir. Il avance lentement puis se baisse légèrement tout en tâtonnant sur le métal avec sa main gauche. Il l’appelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Martha.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle trésaille à l’entente de son prénom. Puis avance doucement pour le rejoindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- tu vas passer d’abord, lui dit-il en soulevant un pan de tôle, laissant apparaître un passage minuscule.&lt;br /&gt;Martha pense à son manteau neuf acheté exprès pour la rencontre de ce soir, un moment tant attendu. Une essence de temps dont on fait un diamant brut à regarder, à sentir contre soi, comme ultime but avant l’abandon.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-3817752325548149369?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/3817752325548149369/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=3817752325548149369' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/3817752325548149369'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/3817752325548149369'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/10/pour-un-monde-meilleur-36.html' title='Pour un monde meilleur (36)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RwKSAEfdhqI/AAAAAAAAAA8/2mTj7xiFJio/s72-c/Photo+024+copy.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-6237093126484744921</id><published>2007-09-10T21:40:00.000+01:00</published><updated>2007-09-10T21:41:24.593+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (35)</title><content type='html'>-         Viens je voudrais te montrer quelque chose…&lt;br /&gt;Yohan a peur de se trahir mais ne peut résister à cette attraction comme une trop évidente confiance.&lt;br /&gt;Martha est un peu saoule de fatigue mais tellement intriguée de la brèche qui s’ouvre devant elle, comme un infini trompeur… Il est très tard, la nuit est profonde et fraîche, emplit ses poumons d’une odeur qu’elle n’a pas sentie depuis des années. Depuis des siècles peut-être. Il marche devant, son grand corps longiligne se fond dans la nuit, vibre à peine devant elle. Les trottoirs étroits ne leur offrent pas la possibilité d’être côte à côte. Elle se dit que c’est bien, c’est mieux ainsi. Avant de quitter le café tout à l’heure elle a acheté un paquet de cigarettes.&lt;br /&gt;C’était bon de fumer à 15 ans, de se croire tout permis. Allumer une cigarette à quatre heures du matin et se déchirer la gorge alors qu’on devrait sans doute dormir car au retour de ce séjour en Angleterre il y a une interro de maths. Elle s’en souvient comme si c’était hier. C’est pareil à présent. Cette liberté factice elle la prend, elle la vole et s’en empare comme d’un objet, une chose que l’on garde et qui bien souvent vous survit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         hé Yohan, tu veux une cigarette ? Comme c’est drôle de se lâcher…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se retourne et lui sourit..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         non je te remercie. J’en ai de toute façon. D’ailleurs tu as été ridicule d’en acheter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ne l’écoute plus et s’applique à ouvrir le paquet, enlève d’abord le film plastique sur la partie haute comme le lui a appris son mari à une époque où il n’était que son copain, puis enlève la papier métallisé et enfin attrape le petit cylindre blanc et beige, doux et si léger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         Hé Yohan c’est encore moi, en fait j’ai pas de feu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’arrête, prêt à rire carrément semblant dire : je le savais…. Il la laisse s’approcher et allume sa cigarette tout en maintenant ce sourire délicieux, d’une douceur à nulle autre pareille. Elle inspire, l’adolescente inspire puis recrache la fumée vers l’homme qui ce soir a son âge sans doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         Dis-moi demande-t-elle cette fois tout bas, d’un ton très posé…&lt;br /&gt;-         Oui…&lt;br /&gt;-         On va où ?&lt;br /&gt;-         On est presque arrivé…&lt;br /&gt;-         Oui, mais on va où ?…&lt;br /&gt;-         Sois patiente, tu ne seras pas déçu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela fait maintenant un bon quart d’heure qu’ils marchent ainsi, elle croit reconnaître au loin le quartier de la Très Grande Bibliothèque, nommée plus tard bibliothèque François Mitterrand, en France on a la furieuse manie de s’accrocher à ses mythes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         nous arrivons lui glisse-t-il à voix basse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cigarette est terminée, l’adolescence s’enfuit s’il est possible qu’elle le fasse, et l’angoisse semble prête à reprendre ses droits… une angoisse jouissive qui la renvoie une fois encore à des heures révolues. Mais que fera-t-elle réellement s’il l’approche, mon dieu, non, elle se laissera enlacer et ce sera tout.&lt;br /&gt;Pour le moment tout au moins… et puis s’il, enfin s’il s’approche…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soudain la voici face à une paroi en tôle, bac acier d’une couleur qu’elle ne perçoit pas dans la pénombre. Une clôture qui semble abriter un chantier.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-6237093126484744921?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/6237093126484744921/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=6237093126484744921' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/6237093126484744921'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/6237093126484744921'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/09/pour-un-monde-meilleur-35.html' title='Pour un monde meilleur (35)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-7958814573615709042</id><published>2007-09-06T20:49:00.001+01:00</published><updated>2007-09-06T20:49:57.160+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (34)</title><content type='html'>- Les choses, c’était vivre, bouffer de la vie, pas juste être enfermé derrière mon écran d’ordinateur… c’est bizarre non, quand on pense que souvent on a besoin d’écrire aussi pour laisser quelque chose, une trace, ça nous semble plus important, et finalement ensuite ça se retourne, on veut écrire mais on veut aussi vivre. Si ça c’est pas se sentir vieillir…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         mais enfin tu avais quel âge ?&lt;br /&gt;-         j’avais vingt huit ans je crois.&lt;br /&gt;-         Ah oui ? remarque moi aussi je me suis sentie vieillir assez jeune, mais en toute honnêteté après ce n’est pas pareil. Plus tu avances en âge plus tu as l’impression de te diluer dans l’existence, avec un grand E. tu te fonds dans la masse de tes semblables et de leur destin. Tu réalises que tu n’es pas du tout unique, tu fais de plus en plus de compromis.&lt;br /&gt;-         Mais qu’est-ce que tu racontes ?&lt;br /&gt;Le ton est sec, violent presque. Elle se sent faible soudain, déstabilisée. Impressionnée peut-être. Oui en fait depuis le début c’est ça. Elle ravale sa salive pour lui répondre… hésite.&lt;br /&gt;-         euh, ben quoi. Elle tire sur la cigarette et cherche son regard, son sourire qui la réconforterait, la pousserait à croire qu’elle ne s’est pas trompée, que l’homme ici présent ce soir, face à elle, le plus jeune homme l’aime. De ce sentiment qu’elle croit connaître tout en n’y croyant pas vraiment, de ce sentiment qui pousse deux être à se faire confiance, un temps au moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne sourit pas. Lance un regard sombre et péremptoire qu’elle soutient sans trop faiblir, enfin elle l’espère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         comment peux-tu parler de compromis ? Tu n’as pas cédé, tu te bats, à ta manière tu agis. Alors pourquoi cette fausse modestie, je ne supporte pas qu’on ne reconnaisse pas ses actes et leur portée, surtout lorsqu’elle est positive.&lt;br /&gt;-         Mais toi même tu m’as reproché de ne pas me battre.&lt;br /&gt;-         Non ce n’était pas un reproche. Plutôt un regret confie-t-il doucement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il doit être tard pense-t-elle. Et après ? ensuite que va-t-il se passer ? la violence qu’elle sent en lui l’effraie un peu. Elle a connu un homme violent une fois, il y a très longtemps. Enfin les hommes sont tous plus ou moins violents… ses mains sont fines, il cache sans doute une grande sensibilité, comme un autre homme, celui avec lequel elle a fait sa vie. Elle lève ses yeux vers lui et croise un regard trouble, à la fois rieur et inquiet, qui semble l’interroger, l’appeler. Il lui sourit à présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         je peux te prendre une autre cigarette ? demande-t-elle très bas, et sa voix se casse. A ce moment elle se sent adulte, l’adulte, la mère. Celle qui en tous temps aurait dû savoir protéger, mais les femmes n’ont jamais le pouvoir, jamais ne le prennent.&lt;br /&gt;-         Bien sûr répond-il, et il lui fait un clin d’œil en ouvrant délicatement le paquet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-7958814573615709042?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/7958814573615709042/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=7958814573615709042' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/7958814573615709042'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/7958814573615709042'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/09/pour-un-monde-meilleur-34.html' title='Pour un monde meilleur (34)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-2624843074021914711</id><published>2007-08-31T11:41:00.000+01:00</published><updated>2007-09-06T20:53:49.284+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (33)</title><content type='html'>- Vieillir, tu vois c’est comme être happé par l’irrémédiable. On a un peu le sentiment que la mort pèse de plus en plus et que le temps s’accélère, comme si son échelle, ou non plutôt notre façon de le percevoir, notre échelle en somme était exponentielle. Ce n’est pas le temps qui passe plus vite, c’est les possibilités qui s’amenuisent. Je dis n’importe quoi sans doute…&lt;br /&gt;- Non pas du tout, je crois que je comprends… j’en suis un peu là aussi tu sais.&lt;br /&gt;- Non, je suis sûre que non.&lt;br /&gt;- Pourquoi ?&lt;br /&gt;- Je n’ai pas la prétention de te connaître, mais j’ai le sentiment que tu en es encore à ce moment où tu penses avoir du temps. Au fond c’est un peu comme une montagne. On monte, on monte et ensuite on redescend. Moi j’ai commencé à redescendre, alors que toi tu continues de monter… enfin l’image est un peu nulle…&lt;br /&gt;- Non elle n’est pas nulle. Elle a le mérite d’être claire et surtout, enfin, comment dire, elle te ressemble. C’est simple, c’est carré, et en même temps ça peut être plein d’autres choses en même temps… ça peut être bucolique ou romantique…&lt;br /&gt;- Ou alcoolique… l’interrompt Martha.&lt;br /&gt;Il la regarde intrigué.&lt;br /&gt;- je plaisante explique-t-elle. C’est pas drôle, en fait, c’est juste que j’ai envie d’un autre verre.&lt;br /&gt;- Très bien très chère, répond-il en lui lançant un regard qui la transperce au point qu’elle ne peut plus s’en détacher, commençant même sans s’en rendre compte à l’étudier pour voir s’il est vrai, s’il n’est pas au fond destiné à tout le monde et à personne, ce regard qui l’a conduite à penser qu’il la veut sans doute de manière pas très innocente. Yohan appelle un serveur et sort un autre paquet de cigarettes.&lt;br /&gt;- Enfin sincèrement, je me sens aussi un peu sur le retour, pour dire ça élégamment, et encore… sauf que moi je n’ai rien construit.&lt;br /&gt;- Tu as tes livres.&lt;br /&gt;- Mes livres ne sont rien. En plus ils sont nuls. Il tapote avec son briquet sur le nouveau paquet de cigarettes. Tu les as lus ?&lt;br /&gt;- Euh, j’en ai commencé un, mais à vrai dire, j’ai eu un peu de mal, je pense que c’était le plus abrupt.&lt;br /&gt;- Ah ? lequel ?&lt;br /&gt;- Le premier je crois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Martha ment. Elle connaît presque par cœur la bibliographie de celui qui lui fait face à défaut de sa biographique qui semble assez confidentielle… elle sait quel livre elle a commencé, parce que si elle ne l’a pas lu, elle s’est en revanche longuement renseignée sur l’homme, non par curiosité malsaine, juste par intérêt, pour se rapprocher de lui, dans ces moments où elle pensait à lui et n’avait que ce biais à la prodigalité est malheureusement époustouflante : Internet, pour le rejoindre. Elle s’était donc plongée dans le premier opuscule publié par cet homme incroyablement présent ce soir, alors qu’il lui avait semblé plusieurs fois qu’au fond il n’existait pas, qu’elle l’avait inventé.&lt;br /&gt;Martha n’avait jamais auparavant rencontré de personnage public. Yohan n’était pas très connu, mais il avait un public, et quelques années auparavant, elle se souvient de l’avoir vu à plusieurs reprises dans des émissions dites littéraires ou culturelles à la télévision. Cet homme donc, qu’elle avait vu sur le petit écran, avant de le croiser dans la vie réelle, était là à lui révéler ses failles, cela l’étonnait. Elle était naïve…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah oui. « Vie réelle». tu parles d’un titre, c’est l’éditeur qui avait insisté. Enfin, celui-ci est pas mal. J’étais plus libre. Je n’avais rien publié, j’étais mon seul maître sur celui-là… ensuite ça s’est gâté.&lt;br /&gt;- Ah bon ?&lt;br /&gt;- Oui, enfin, soyons honnête, c’est moi qui me suis mis la pression tout seul. Ça avait bien marché pour moi au premier… j’ai fait tous les plateaux télé possible et imaginables, j’ai rencontré des gens, que je méprisais d’ailleurs, mais je me suis malgré tout laissé griser. Je n’en ai pas vendu beaucoup, mais je n’avais pas besoin d’argent. Je donnais mes cours, et mon père venait de mourir, j’avais hérité… enfin,…&lt;br /&gt;Il se tait et lui sourit.&lt;br /&gt;Cet homme n’est pas là par hasard, elle le sent, ou veut s’en convaincre, mais non… non, il y a une chose, comme s’il avait été placé là pour quelque raison. Elle répond timidement à ce sourire, pense soudain qu’elle n’a plus l’âge de ce signe qu’elle lui tend, se sent un peu honteuse, comme ces femmes qui refusent de vieillir. Alors, se reprenant peut-être elle ouvre la bouche, pour l’inviter à continuer, sentant qu’il en a besoin. Elle en a besoin.&lt;br /&gt;- quoi ? demande-t-elle tout bas.&lt;br /&gt;- Rien, je crois qu’ensuite j’ai voulu recréer cela. Mon but n’était plus d’écrire mais de publier, de répondre à leurs questions car j’avais des choses à leur dire, ça j’en étais sûr, je le suis encore d’ailleurs… et puis, j’avais toujours détesté les gens, et là, je les fréquentais et les rapports étaient bizarrement plus simples… enfin, je me suis mis à écrire de la philosophie commerciale. J’étais comme mû par le besoin de me mélanger à tous ces autres, cela se produisait en même temps que le pays commençait à sombrer et que je le savais… mais, tu vois, moi aussi à cette époque, je me sentais vieillir, et je ne voulais pas que les choses m’échappent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ouvre son paquet de cigarettes et lui en tend une qu’elle accepte, légèrement émue, perdue ce soir plus encore, et ensuite, elle attend, tout à fait consciente qu’une chose à laquelle elle ne croit pas, est en train de se nouer entre eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-2624843074021914711?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/2624843074021914711/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=2624843074021914711' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/2624843074021914711'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/2624843074021914711'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/08/pour-un-monde-meilleur-32_31.html' title='Pour un monde meilleur (33)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-4917173663632465424</id><published>2007-08-03T20:09:00.000+01:00</published><updated>2007-08-03T20:16:39.446+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (32)</title><content type='html'>Dans certains romans, et même dans certains films l’arme scintille dans le noir. Ici, elle pèse simplement. Semble n’exister que par ce poids qui n’est pas vraiment un fardeau, plutôt comme un aimant que tout semble destiner à rejoindre. Posséder contre soi un point central vers lequel l’humanité converge. L’arme est Le Trou Noir.&lt;br /&gt;Il avance et sent sa présence de plus en plus incontournable, l’œuvre est dans sa poche, elle se colle à lui, entaille ses cuisses de toute son évidence, de cette lourdeur du moment, du point d’achoppement.&lt;br /&gt;Cela fait plusieurs soirs maintenant qu’il s’amuse ainsi à marcher dans Paris avec le gun dans la poche. Il se fait peur, il se teste et surtout il tente d’exister.&lt;br /&gt;Deux choix pour vivre : aimer ou se préparer à tuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il marche donc dans les quartiers de sa jeunesse avec un objet que rien ne le prédestinait à porter, à sentir contre lui, comme élément de jouissance autant que le fait de sentir cette vieille vigueur l’investir à nouveau…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout s’emballe dans l’esprit de Martha. Elle cherche, elle cherche une issue. Il lui faut une solution. Soudain cela devient très clair, les choses ont un sens. Les cellules vont servir au combat et non pas à la fuite. Peu importe ce qu’en diront les autres. De toute façon on n’a jamais le droit d’abandonner ainsi. Avec un instrument tel que celui-ci, ils auront leurs chances.&lt;br /&gt;Le métal est de composition tout à fait ordinaire, mais grâce à la courbure très particulière qu’ils ont su lui donner, la cellule peut éviter l’impact de la plupart des balles. Elle peut aussi se fondre dans la nature et passer presque inaperçue.&lt;br /&gt;La cellule est évidemment la solution. Elle va appeler Yohan et lui en parler. Ce sera si simple. Ainsi, ils seront ensemble, ils oeuvreront ensemble à la survie de l’humanité. De leur humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Myriam regarde le ciel. De la fenêtre étroite qui éclaire son séjour elle contemple l’infini depuis un long moment.&lt;br /&gt;Oublie de respirer en souhaitant simplement que le ciel l’entraîne à lui, qu’il l’aspire et la dissolve un peu partout, elle pénètrerait la vie des gens sans plus jamais peser, n’être que particule, légère, inodore et indolore…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’heure avance et les minutes ne sont pas douces… chacun de nos protagonistes sent monter en lui l’urgence.&lt;br /&gt;Chacun a sa mesure.&lt;br /&gt;Son étalon de malheur ou d’angoisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yohan s’apprête à ôter la vie, et il craint d’aimer cela.&lt;br /&gt;Myriam s’attend à ne pas avoir ses règles, et elle espère du plus profond de ses entrailles qu’il en sera ainsi.&lt;br /&gt;Martha se prépare à plonger dans la félicité pour quelques heures de jeunesse retrouvée auxquelles succéderont des heures plus longues encore de remords…&lt;br /&gt;Elle n’a jamais cru en dieu mais s’interroge sur la consistance du péché. Il y aurait comme une incidence sur la progéniture, partager le lieu duquel est né la vie, l’offrir à un autre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-4917173663632465424?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/4917173663632465424/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=4917173663632465424' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/4917173663632465424'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/4917173663632465424'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/08/pour-un-monde-meilleur-32.html' title='Pour un monde meilleur ? (32)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-2539581935245173080</id><published>2007-07-05T12:51:00.000+01:00</published><updated>2007-08-03T20:15:19.324+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (31)</title><content type='html'>Martha s’apprête elle aussi à commettre un acte significatif et irrémédiable. Les jours passent et elle est à la torture. Doit-elle ou non gâcher toutes ces années pour quelques simples moments de bonheur…, non pas de bonheur de flamboyance.&lt;br /&gt;Et si elle les méritait à présent ces quelques moments de jeunesse retrouvée. Elle ne serait pas la première bien sûr. D’autres avant elle, nombreuses, ont commis cet acte de trahison. Penser à lui n’est-ce pas déjà trahir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trahir…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais au fond n’appelle-t-on pas cela trahison lorsque l’on bafoue ce qui reste un idéal, or cela fait bien longtemps que cet idéal là est défroqué. Qu’elle a compris que ce dans quoi elle avait depuis l’enfance mis tant d’espoir n’était qu’un leurre, une approche de perfection illusoire, bien qu'éminemment indispensable par ailleurs.&lt;br /&gt;Si l’Homme est une merde comme l’a toujours dit avec beaucoup de clairvoyance son père, pourquoi ne le serait-il pas aussi dans l’amour ? Alors il faut se contenter de cet équilibre précaire mais rassurant, souvent éponge contre le malheur. Un des malheurs.&lt;br /&gt;L’esseulement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne mérite pas cela. Malgré tout non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais Martha sait qu’elle va mourir. Peut-être pas tout de suite, mais de toute façon la fin est proche, peut-être mourra-t-elle seulement de lassitude d’ailleurs. Et elle aimerait avant ce dénouement qui au fond ne l’inquiète même pas se sentir exister encore un peu. Quelques gouttes de sueur sur sa peau, un œil humide et rieur qui lui parle et l’appelle à lui. Elle le voit, le devine, celui qui ne l’a pas appelée depuis un mois maintenant, il lui fait signe de s’approcher en lui offrant un sourire rare… Il flotte dans l’air comme une odeur de débauche naïve, délicate, et aigre bien sûr, de ces plaisirs que l’on désire parce qu’un sentiment, comme une attache nous les réclame.&lt;br /&gt;Ce jeune homme a pris place en elle. Il s’y tient au chaud et attend son heure.&lt;br /&gt;Elle seule peut décider d’aboutir ou non à cet instant fatidique…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tic toc, tic toc…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-2539581935245173080?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/2539581935245173080/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=2539581935245173080' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/2539581935245173080'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/2539581935245173080'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/07/pour-un-monde-meilleur-31.html' title='Pour un monde meilleur (31)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-5308144676226293009</id><published>2007-07-03T20:18:00.000+01:00</published><updated>2007-07-03T20:22:31.077+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (30)</title><content type='html'>Chaque matin c’est à présent le même rituel. Elle reste au lit et se contient en elle-même le plus longtemps possible. Patiente inlassablement en tentant de savoir si aujourd’hui encore ce sera bon…cherche à sentir, à percevoir entre le visible et l’invisible, le sensible et le désiré…&lt;br /&gt;L’aube est terne, comme elle l’est toujours enfin depuis quelques temps maintenant. Une faible lueur de peu d’espoir pénètre par le store.&lt;br /&gt;Hier au café à côté de la boutique ils ont annoncé aux clients médusés qu’ils ne serviraient désormais plus d’alcool.&lt;br /&gt;Les voisins de palier sont partis depuis une semaine sans laisser d’adresse, sans laisser de trace.&lt;br /&gt;Les derniers magazines non « officiels » arrêtent les uns après les autres d’imprimer…&lt;br /&gt;Un été sombre et gris semble vouloir s’imposer comme ultime et perpétuel destin.&lt;br /&gt;Pourtant Myriam espère.&lt;br /&gt;L’odeur du café commence à se répandre comme chaque jour, grâce à la minuterie qui se révèle être une belle invention. Elle s’en emplit d’illusions. Imagine des couleurs douces et joyeuses, tout en nuances de ce à quoi elle n’avait plus osé espérer depuis au moins dix ans… bientôt elle entendra crier dans cet appartement. Bientôt elle aura peut-être une raison de se lever le matin… bientôt…&lt;br /&gt;Le réveille bip.&lt;br /&gt;Bip bip bip bip bip bip bip bipbipbipbipbipbipbipbiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans réfléchir elle se lève, ouvre le store et aperçoit un rayon au loin puis se dirige vers les toilettes, d’où elle revient avec un sourire béat accroché à son visage.&lt;br /&gt;Elle se sert ensuite une énorme tasse de café dans laquelle elle jette deux gros sucres. Puis sort la confiture du frigo et en tartine généreusement deux grandes tranches de pain.&lt;br /&gt;Elle sera grosse, et alors ?&lt;br /&gt;Ils la vireront ?&lt;br /&gt;Et alors.&lt;br /&gt;Elle les emmerde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bientôt elle ira vivre à la campagne avec sa tante. Rien de précis encore, mais elle le sent, elle le sait. Bientôt ce seront les plus beaux moments de son existence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-5308144676226293009?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/5308144676226293009/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=5308144676226293009' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/5308144676226293009'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/5308144676226293009'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/07/pour-un-monde-meilleur-30.html' title='Pour un monde meilleur ? (30)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-7167660550996432309</id><published>2007-06-20T20:09:00.000+01:00</published><updated>2007-06-20T20:56:37.684+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (29)</title><content type='html'>Il comprend à ce moment qu’il est peut-être amoureux…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-7167660550996432309?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/7167660550996432309/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=7167660550996432309' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/7167660550996432309'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/7167660550996432309'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/06/pour-un-monde-meilleur-29.html' title='Pour un monde meilleur ? (29)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-1722922611449353090</id><published>2007-06-18T21:33:00.000+01:00</published><updated>2007-06-18T21:37:42.921+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (28)</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RnbtEDMDvvI/AAAAAAAAAA0/b8rnUBQp06g/s1600-h/celui+qui+trouve+a+gagnÃ©.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5077506283737956082" style="CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RnbtEDMDvvI/AAAAAAAAAA0/b8rnUBQp06g/s320/celui+qui+trouve+a+gagn%C3%A9.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Yohan était malheureusement pour elle dévoué à des tâches autrement plus pragmatiques et précises. Sans doute une des raisons pour lesquelles il ne l’avait pas recontactée était qu’en plus de son emploi du temps très serré et de la nécessité de discrétion entourant l’acte qu’il préparait, il ne voulait pas l’impliquer malgré elle à ce qui représentait quoiqu’on en dise, il en avait plus que conscience un meurtre.&lt;br /&gt;Il pense à sa mère.&lt;br /&gt;Chaque jour, chaque instant il pense à elle. C’est interdit pourtant. Mais s’il ne pense pas à elle, il sait que l’autre femme viendra le distraire, et cela est impossible. Alors il pense à sa mère et tente de se convaincre qu’elle approuverait d’une certaine manière.&lt;br /&gt;Cela fait des années maintenant qu’il a compris qu’ôter la vie était malheureusement parfois une nécessité, une obligation même. Mais au moment de le faire, il semble qu’une choses épouvantable fasse son apparition.&lt;br /&gt;Soudain, cette chose qui grossit dans son ventre, ce malaise chaque jour plus important, envie de gerber continuellement, à n’en plus pouvoir boire et fumer, cette chose qui semble vouloir se nommer conscience tente de le détourner de ce qui pourtant s’impose de plus en plus à lui comme un impératif incontournable.&lt;br /&gt;Il faut détruire le mal à sa source sans plus jamais chercher à l’expliquer, à lui trouver des raisons, il faut l’éliminer. L’éliminer cela signifie faire des dommages collatéraux, cela signifie ôter la vie à ceux qui veulent vous détruire, même si parfois on perd pied, on ne sait plus vraiment si on a raison ou tort, si un relativisme absolument rongeur s’empare de vous…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais avoir trente cinq ans.&lt;br /&gt;Je n’ai presque rien construit. Publié trois livres, donné des cours de ci de là… rencontré une femme, il y a dix ans…&lt;br /&gt;Tous mes amis sont partis, enfin ceux à qui il restait un peu d’intelligence. Moi je suis resté, par une lâcheté imbécile déguisée en bravoure, en combat. J’ai décidé de croire en mon pays ou au moins de l’aimer. J’ai décidé de me donner une chance sans doute. Ou peut-être ne voulais-je simplement pas m’éloigner d’Elodie…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa mère lui a toujours raconté que son grand-père disait qu’Hiroshima avait permis d’éviter la mort de millions de personnes. Comment choisit-on ceux que l’on va éliminer afin de sauver les autres, ceux qui suivent… ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là n’est vraisemblablement pas la question. Quelque part ceux qu’il s’apprête à détruire méritent de mourir. Mais, enfin, n’a-t-il pas toujours été contre la peine de mort ?&lt;br /&gt;Comment est-il possible qu’à présent il se prépare à tuer.&lt;br /&gt;Pourquoi se sent-il soudain si seul ? Lui qui n’a jamais pensé à ce genre de choses auparavant… soudain la vie semble achopper…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tuer et puis ensuite plus rien…&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-1722922611449353090?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/1722922611449353090/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=1722922611449353090' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1722922611449353090'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1722922611449353090'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/06/pour-un-monde-meilleur-28.html' title='Pour un monde meilleur ? (28)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RnbtEDMDvvI/AAAAAAAAAA0/b8rnUBQp06g/s72-c/celui+qui+trouve+a+gagn%C3%A9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-8558621351850325407</id><published>2007-06-14T13:58:00.001+01:00</published><updated>2007-06-14T21:54:43.938+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (27)</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RnGjbjMDvuI/AAAAAAAAAAs/4loVzubEgjQ/s1600-h/faces.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5076017948720873186" style="CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RnGjbjMDvuI/AAAAAAAAAAs/4loVzubEgjQ/s320/faces.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RnGgszMDvtI/AAAAAAAAAAk/SBUrSfK22qg/s1600-h/all.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;La Cellule signait la fin des illusions et de la mauvaise foi. Dans cet espace réduit à sa plus stricte nécessité résidait au fond toute la trivialité parfois magnifique de l’homme. La boite de conserve qui s’échappe pour dire merde à tous ceux qui vous ont pourri la vie, et ont ôté à l’art toute possibilité d’existence, puisqu’il ne peut plus avoir aucune utilité… Qui vous propose de partir, de regarder l’extérieur depuis un lieu nouveau, en profitant d’un temps incertain mais infini, tout en pensant à une consommation finalement tellement humaine…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le moment où toute communauté de destin devient impossible, où tout groupement sédentaire semble voué à l’explosion car il n’y a plus de valeur digne d’être partagée… est le moment où il faut tirer sa révérence.&lt;br /&gt;Plusieurs renoncements ou retraites sont évidemment possibles, plus ou moins mystiques ou spirituels… partir en restant connecté semblait être une bonne solution, la technologie n’avait pas tout gâché… enfin pas tout à fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cellule devenait l’avenir de l’Homme, puisque seuls les derniers hommes avaient décidé de l’emprunter… il fallait s’échapper, échapper à toutes les hypocrisies et aux missions impossibles et enfin se résoudre à ne pas sauver une humanité indigne : sauver sa peau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait soudain envie de dire tout cela à Yohan. Soudain, une transparente sérénité l’envahit, soudain les choses vont prendre place. Elle va partir, mais un autre avenir la concerne, c’est indéniable, soudain… Yohan est là, pas loin. Il la regarde, il lui sourit, comme il a su le faire auparavant. Elle marche dans les rues de la vieille capitale pourrie, et son ombre avance vers elle, pénètre en elle et la nourrit jusqu’à l’asphyxier. Peu importe le nom que l’on donnera à ces sentiments, peu importe si tout cela est vrai ou non. Il semble qu’elle y ait droit. Comme une sorte de récompense à la possibilité qu’elle donnera à certains, et qu’ils lui rendront en retour certes, de rêver encore, de rêver à autre chose qu’à l’évidence qu’aucune philosophie, qu’aucune intelligence plus jamais ne viendra contredire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-8558621351850325407?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/8558621351850325407/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=8558621351850325407' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/8558621351850325407'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/8558621351850325407'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/06/pour-un-monde-meilleur-27.html' title='Pour un monde meilleur ? (27)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RnGjbjMDvuI/AAAAAAAAAAs/4loVzubEgjQ/s72-c/faces.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-5341002663581266155</id><published>2007-06-04T21:55:00.001+01:00</published><updated>2007-06-04T21:58:04.777+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (26)</title><content type='html'>La volonté de produire des choses en vue d’un but bien précis relevait sans doute de la même vanité que celle qui consiste à se chercher un charme dans un miroir jour après jour, et de constater que ce charme disparaît, ou est remplacé par autre chose, jusqu’à ce qu’il n’en reste rien bien sûr. Rien que de quoi susciter de la pitié ou de l’agacement ou les deux, ce qui nous pousse parfois à penser que les vieux seraient mieux sous terre qu’à nous faire chier ici avec leurs problèmes alors que nous en avons tant nous-mêmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi sommes-nous dévorés par notre ego, alors même que nous croyons en avoir si peu…Quelle est cette recherche de reconnaissance partout où l’on peut la dénicher, qui se fait de plus en plus tenace, de plus en plus envahissante ? bien sûr…&lt;br /&gt;Nous ne voulons pas mourir, tout simplement, ou en tout cas pas trop vite, pas avant d’avoir « accompli » certaines choses, ce qui revient à dire que plus on avance en âge, plus on ressent le besoin d’exister, suivant des formes différentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr qu’elle était fière de ce projet, et qu’elle aurait aimé le voir s’étaler sur des doubles pages de revues plus ou moins confidentielles, plus ou moins prétentieuse, assez en tout cas pour conférer à ce qui y est montré un caractère d’honorabilité non discutable. Elle qui n’avait jamais eu goût ni pour la compétition, ni pour la publicité réalisait finalement qu’un tourbillon parfaitement humain, et sans doute pour cela dégradant l’y avait conduite avec une facilité désolante. Plus elle était avancée dans les années, plus elle avait voulu tout cela, à défaut d’autre chose peut-être, mais il lui fallait avoir la satisfaction de montrer, d’exposer son travail, comme si ainsi réellement il prenait vie. Ce n’était pas à l’usage qu’il acquérrait son permis d’être, non c’était à l’image. Cet espère d’ombre inutile qu’il projetait sur le monde. Au moins l’impact en était-il parfaitement anodin, enfin sur le paysage, et sur les esprits aussi sans doute, soyons raisonnables. Le métier était devenu tellement stupide, tellement impraticable au pays de l’ « exception culturelle » qu’il fallait trouver une maigre compensation à ces heures perdues à se battre contre le rien de moulins à vents qui n’existaient que par leur pouvoir de nuisance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait produit une chose remarquable cette fois. Elle en avait la certitude profonde. Ce petit objet. Ce petit véhicule roulant ou mouvant qui se fondrait bien vite dans un paysage en décomposition tandis que ses habitants se laisseraient aller à une vie nouvelle possédait une beauté quasi-indéfinissable.&lt;br /&gt;Il consacrait la fin du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-5341002663581266155?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/5341002663581266155/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=5341002663581266155' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/5341002663581266155'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/5341002663581266155'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/06/pour-un-monde-meilleur-26.html' title='Pour un monde meilleur ? (26)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-7793269226553644863</id><published>2007-05-31T15:48:00.001+01:00</published><updated>2007-06-04T22:13:54.730+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (25)</title><content type='html'>Nouvelle réunion où l’on voit réapparaître la jeune femme blonde. Martha n’est de toute façon pas concentrée. Sans qu’elle ne sache s’il s’agit d’une obsession réelle ou d’un sentiment qu’elle aime à entretenir, alors qu’elle n’a plus aucune nouvelle de lui depuis une dizaine de jours le jeune ange brun ne la quitte plus. Bien qu’il semblait vouloir l’intégrer à ses projets et qu’il aurait dû, qu’il aurait pu en tout cas la contacter au moins pour cela, c’est silence radio et silence écran. Pourtant patiemment, douloureusement elle le garde en elle, elle le sent. Il devient comme un enfant que l’on porte, quelque part en soi, envers lequel, parce que l’on ressent quelques douceurs pour lui, on s’invente des obligations, des devoirs de protection. Des inquiétudes.&lt;br /&gt;Voir cette jeune fille trop belle et fade pour être vraie ne la secoue pas vraiment au premier abord. Peut-être devrait-elle… Mais non, elle se sentirait presque au contraire disposée à la laisser parler pendant des heures. D’ailleurs comme toujours il semble que la plupart des rares participants qui ont persévéré sont dans le même état, l’atmosphère est calme et détendue. Comme si tous n’attendaient que de l’entendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Eva ? tu es donc revenue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement que sa mémoire ne lui fait pas toujours défaut et que le prénom est réapparu, s'imprimant comme par magie sur ses lèvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute évidence, elle est bien plus forte qu’elle. Bien plus forte qu’eux tous réunis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- oui, je suis revenue. Enfin si on peut dire. je n’ai manqué que deux séances.&lt;br /&gt;- Ah ? seulement. J’aurais dit plus. Et donc, tu es venue parce que tu as pris la décision de partir avec nous ?&lt;br /&gt;Soudain elle imagine l’enfer que peut représenter une telle présence dans un périple sans fin comme celui qu’ils s’apprêtent à faire. Une multitude de déchaînements lubriques donnant raison à tous ceux qui voulaient nous faire rentrer dans le droit chemin ne serait que juste châtiment. Ils nous auraient fait fuir, partir sans autre but que de ne pas leur céder, alors forcément, les cadres évaporés, les obligations quotidiennes envolées pourraient laisser la place à un déferlement immaîtrisable de pulsions. Celles-ci et d’autres… qui sait ? Pire encore…&lt;br /&gt;Dieu comme l’entreprise lui semble de plus en plus hasardeuse, de plus en plus insensée. Si les enfants sont sauvés, que ne devrait-elle pas se laisser aller à mourir pour une cause, s’offrir ainsi une fin digne.&lt;br /&gt;Périr parce qu’on ne saura plus vivre…&lt;br /&gt;Mais ses oreilles bourdonnent encore. Elle pense à son homme aussi… il n’aura plus qu’elle ensuite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- je pense peut-être partir avec vous. Mais j’aimerais préciser certaines choses d’abord…&lt;br /&gt;- je suis à toi ma chère.&lt;br /&gt;Le ton de la jeune femme lui rappelle étrangement celui qu’avaient certains clients à l’époque où elle les côtoyait de près, cet espèce de certitude d’avoir des droits sur les autres, de les dominer parce qu’on les paie. Ce qui quoiqu’on en dise ou pense ramenait toujours l’argent à sa juste valeur, à sa place centrale, qui dépassait tous les talents ou toutes les aspirations. Le plus célèbre des architectes devenait soudain une sombre merde face à un client puissant et riche.&lt;br /&gt;Ici c’était un peu pareil. Depuis le début la gênait l’idée de profiter aussi de ce projet qu’elle vendait aux gens comme une issue de secours, un espoir de survie, ou surtout d’une autre vie, mais qui était aussi pour elle un moyen de gagner de l’argent, en plus de s’assurer un départ avec quelques personnes non pas amies, mais au moins du même côté du monde à présent. Un côté que l’on choisit par défaut, après que l’autre nous a définitivement montré son vrai visage. Un côté qui ne ressemble pas vraiment à ce dont on a rêvé lorsque l’on croyait vivre sur la terre, et non pas dans l’enfer d’un autre monde dont les portes nous seraient évidemment interdites…&lt;br /&gt;Elle n’a d’autre choix que d’écouter puis d’expliquer, laisser parler la trop belle jeune femme dont elle aimerait posséder encore un peu de la fraîcheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La blonde sourit, semble un peu gênée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- en fait, je voudrais savoir… elle tortille ses lèvres… enfin j’aimerais, je, … vous pensez revenir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La stupeur combat l’énervement. Mais M. décide de rester calme, de reprendre le dessus, l’ascendant sur tous les médiocres qu’elle est obligée de côtoyer depuis toutes ses années. Cela fait un moment maintenant qu’elle a compris qu’elle n’avait pas le choix, un peu d’alcool, d’espièglerie, c’est la vie qu’elle a choisie. Les images se mélangent…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- euh, écoute, franchement, si on part ce n’est à priori pas pour revenir… on voudrait sans doute quitter les terres françaises ou simplement se cacher, le temps qu’il faudra. Si un jour les choses s’arrangent alors oui, certaines personnes reviendront sans doute. Je n’en sais rien… de toute façon, nous espérons rejoindre d’autres groupes, et ensemble, nous verrons vers quel destin ou quelle destination nous irons.&lt;br /&gt;- Non, mais enfin, ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi nous n’agissons pas… moi je veux bien partir, mais je pense que si l’on part c’est pour agir d’ailleurs, en prenant moins de risques mais avec plus d’espoirs de réussite. Tu me suis ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me tutoie maintenant ? Décidément…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M. est soudain vraiment embarrassée, une seule idée, un seul nom lui vient à l’esprit Yohan. C’est décidé après la réunion elle l’appelle, et elle lui demandera. Il l’aidera lui c’est sûr. Elle repense soudain à un lieu où elle, où ils allaient lorsqu’ils étaient étudiants. Une pizzeria pas très loin des Beaux-Arts, à Mabillon. Plusieurs fois, ils y ont dîné dans la salle normale, mais un jours, grâce à d’autres étudiants ils ont découvert qu’une autre salle en sous sol permettait aux jeunes désargentés de manger la même nourriture à moindre prix, à condition d’être étudiant bien sûr…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Curieusement, elle s’imagine donner rendez-vous au jeune homme dans cette cave étrange, sans un instant penser qu’on ne voudra plus d’elle, qu’elle n’a plus vingt ans. Ni lui non plus d’ailleurs…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-7793269226553644863?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/7793269226553644863/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=7793269226553644863' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/7793269226553644863'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/7793269226553644863'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/05/pour-un-monde-meilleur-25.html' title='Pour un monde meilleur ? (25)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-924017067672608826</id><published>2007-05-14T21:12:00.000+01:00</published><updated>2007-05-15T10:43:17.069+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (24)</title><content type='html'>Tel un œdème qui s’étend dans sa gorge remplaçant le souffle naturel par une abondance d’air inquiète mais délicieuse, l’absence s’empare d’elle.&lt;br /&gt;Présence lointaine, effacée mais efficace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’aimerait-elle vraiment prendre de cet autre ? Elle n’en a aucune idée.&lt;br /&gt;Se surprend simplement à découvrir qu’une angoisse sourde et douloureuse peut se révéler agréable, parce qu’elle vous emplit jusqu’à vous anesthésier. Parce qu’elle a la certitude qu’où qu’il soit à cet instant précis, il pense à elle.&lt;br /&gt;Comment peut-elle en être sûre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là est l’étrange… après la lucide hypothèse concluant à une erreur d’appréciation, à la pauvre vieille femme qui se croit encore jeune et imagine que des gamins trentenaires peuvent encore la voir (qui sait si elle les désirerait d’ailleurs ?), elle est soudain convaincue d’une ligne de transcendance qui les rejoint, dans plus qu’une attirance, plus qu’une cause, plus qu’il n’est possible de le dire. Ce qu’elle a en elle, cette tâche d’encre sympathique qui l’envahit depuis l’œsophage jusqu’aux poumons n’est sans doute que de petits éclats de cendres qu’il envoie à son intention, qu’il contient longtemps, puis lâche lorsqu’il ne parvient pas à avancer sans lui réserver une petite pensée, qui bloque et inonde sa gorge à lui, avant d’exploser en cette infinitésimale attention qu’il lui porte peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui est-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’est-il pas simplement le signe que l’existence n’est pas toujours aussi sereine qu’elle en a l’air. Que même lorsque certaines conditions idéales semblent réunies, certaines anicroches peuvent entamer de manière irréversible le long chemin qui nous mène à la déchéance que l’on croit inévitable et donc acceptable…&lt;br /&gt;N’est-il pas pure invention du sort, destinée à la pousser vers un vide qui pourrait en libérer d’autres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non arrête. Tu ne fais que te chercher des excuses. T’as juste envie de te payer quelques dernières heures de plaisir, rattraper ce temps qui n’existe que dans les fictions que l’on invente ou que l’on lit. Cette jeunesse qui n’a de délicieuse que le faible nombre de ses années.&lt;br /&gt;Arrête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, s’il pensait vraiment à toi, il serait là ce soir, dans cette usine abandonnée. Il t’aurait appelée. Vous vous seriez donné rendez-vous. Ç’aurait été si simple. Peut-être romantique ou carrément torride. Peu importe. Vous vous seriez croisés ailleurs que dans ces sphères étranges d’un monde sur le point de finir…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-924017067672608826?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/924017067672608826/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=924017067672608826' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/924017067672608826'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/924017067672608826'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/05/pour-un-monde-meilleur-24.html' title='Pour un monde meilleur ? (24)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-5530606858748139099</id><published>2007-04-27T13:44:00.001+01:00</published><updated>2007-05-15T20:59:10.207+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (23)</title><content type='html'>Pour la première fois peut-être il ressent un malaise dont il sait qu’il ne durera pas, mais qui malgré tout l’indispose un peu. Cette femme a la chevelure rousse, presque rouge a indéniablement un effet négatif sur lui. Il en a conscience, mais ne parvient pas à imaginer même s'en détacher. Il ne le veut pas sans doute. Il pense à sa mère. Si elle avait su.&lt;br /&gt;Tout a joué dans le bon ordre c’est évident. Il jette son mégot derrière lui tout en avançant et ne peut se détacher de l’image et de l’odeur abstraite qui l’emplit à chaque pas. Non. Il n’a pas le droit, il ne peut surtout pas se permettre la moindre distraction. Seul le sexe sans engagement lui est permis… au moins jusqu’à la première action. Mais au fond n’est-ce pas ce qu’il pourrait avoir avec cette femme, troublante et pourtant beaucoup trop banale, si transparente…&lt;br /&gt;Il ne comprend pas ce qui lui arrive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais putain qu’est-ce qui m’arrive. Martha…&lt;br /&gt;Non c’est impossible bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être devrait-il rentrer chez lui ce soir. Terminer de corriger les épreuves de son prochain opuscule. Ou se déchirer la tronche. Oui enfin quitte à se déchirer la tronche autant se libérer d’un stress en plus. Et j’y suis presque en plus. Ça me fera du bien c’est sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sort un cachet de sa poche et l’avale direct, puis frappe très doucement à la porte, c’est sans doute le meilleur moment. Celui de cette pression très mesurée appliquée du poing sur le seuil du lieu où il perd toute dignité pour ne pas perdre ses esprits. C’est ainsi depuis quelques années maintenant. C’est sûr que ce n’est pas ce qu’il avait imaginé enfant, mais bon, et puis n’est-ce pas Michel Houellebecq qui lui avait signalé l’existence de ce genre de clubs. Alors… oui enfin il n’y a peut-être jamais foutu les pieds. Que de la gueule celui là.&lt;br /&gt;Le cacheton commence à faire effet. C’est clair. Une vigueur subtile dont il pourrait presque décrire le chemin s’engage dans ses veines.&lt;br /&gt;Il y a quelques personnes au bar, seules. Un verre ne serait peut-être pas une mauvaise idée. Sauf que, peut-être alors il faudrait parler, initier un contact tout à fait contraire à ce pour quoi on vient ici. D’ailleurs, ils sont vraiment cons d’avoir fait ce bar. Mais l’argent n’a pas d’odeur…&lt;br /&gt;Que faire ?&lt;br /&gt;Il aperçoit soudain une blonde, serait-ce ? oui, c’est cette blonde qu’il s'est déjà pécho une fois. Elle est très jolie mais complètement insignifiante. Elle n’a aucun plaisir à être là, ce qui à la limite se comprend, mais surtout elle ne retire aucun plaisir de tout cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est seule pourtant. Ça y est, elle l’a vu et son regard s’éclaire. S’il l’ignore elle en mourra c’est sûr. Enfin who gives a shit… il soupire, elle est vraiment jolie. Une grosse poitrine lui semble-t-il, ah non, c’était une autre blonde, assez laide, mais très chaude. Mon dieu, il faut qu’il se lance, sinon il repartira… et bien sûr, comme un mauvais démon c’est l’autre qui vient se rappeler à sa mémoire. Allez, il inspire et s’approche.&lt;br /&gt;Malgré tous les efforts qu’elle fait pour rester stoïque, il sent qu’elle est peut-être rassurée de cette approche, que ce soit lui en somme. Ce n’est pas le moment le plus évident bien sûr, il faut se mettre en condition, il faut y penser très fort. Il faut penser au sexe, à la jouissance, à la violence aussi, et cela seulement. Il faut se dépêcher sur tout avant que les effets de la drogue se dissipent tout à fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il passe la main sous son tee-shirt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle murmure : je m’appelle Myriam.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-5530606858748139099?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/5530606858748139099/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=5530606858748139099' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/5530606858748139099'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/5530606858748139099'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/04/pour-un-monde-meilleur-23.html' title='Pour un monde meilleur ? (23)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-2227952424153019283</id><published>2007-04-26T12:40:00.000+01:00</published><updated>2007-05-27T20:40:51.161+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (22)</title><content type='html'>"&lt;em&gt;finalement, je cède...un peu."&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme l’a quittée. Elle reste là. Assise. Désœuvrée et perplexe, elle se demande comment il lui a été possible de pénétrer un anachronisme.&lt;br /&gt;Le jour décline légèrement, et l’objet est là, qui la regarde presque. Sorte de cercueil de luxe pour les hommes qui ne seront toujours que les instruments d’un destin aussi ironique qu’il n’a pas de sens. Il lui reste des choses à prévoir, imaginer, calculer. L’issue approche. Terrible de cette douceur que perçoit celui ou celle qui peut-être s’est trompé, mais n’en saura jamais rien. Elle devine le ciel pâle qui s’assombrit derrière le carreau cassé. Ce ciel sera son compagnon jusqu’à la fin des jours. Alors qu’elle s’était vue bâtisseuse, elle ne pourra qu'assister volontairement impuissante à la fin de ce monde qui se détruit peu à peu, et va disséminer ses restes dans l’univers vide et froid. Perfide existence que celle qui vous plonge dans une activité dont l’évolution des choses vous prouve qu’elle est trompeuse, voire inutile.&lt;br /&gt;Construire des armes, voilà qui aurait été utile. D’ailleurs il était question d’en intégrer à chacune des cellules, mais c’était trop cher, on a trouvé autre chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle n’a pas osé appeler Yohan. Pensait que peut-être il l’aurait fait. Ne comprend pas, ou comprend trop bien… si au moins elle avait un paquet de cigarettes, elle resterait ainsi assise à fumer, à goûter ce temps de silence et de rien qui lui a tant de fois manqué. Et si elle passait la nuit là, seule, et reprenait le train demain ?&lt;br /&gt;Sans réfléchir, elle se lève et attrape un stylo et le cahier qui sont restés posés dans un coin, sur un vieux plan de travail. Puis elle revient s’asseoir, s’installe lentement, inspire et se met à écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Si on s’était promis la lune, on comblerait notre défaillance par nos silences, mais nous n’avons rien émis, aucun pacte, aucun mot qui puisse justifier une quelconque déception, si ce n’est celle de n’être que des humains véritables… alors en toute lâcheté, j’aimerais rompre le silence de cette abnégation factice…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois sentir que tu attends mes mots sans savoir les convoquer ou les motiver autrement que par une absence très pleine, très ouatée qui grossit avec les jours, avec les heures, les minutes, les secondes de la journée, turgescence éloignée et qui pourtant projette ses effets dans les esprits d’autres, d’une autre à qui elle s’a-dresse. Alors les mots, sans honte, sans retrait se libèrent et coulent d’une source abstraite vers un espace irréel, inexistant et qui pourtant contient la seule turgescence possible… permise et souhaitable. Lorsque l’on a compris que l’existence ne valait qu’en conjectures et rêveries, alors…. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-2227952424153019283?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/2227952424153019283/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=2227952424153019283' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/2227952424153019283'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/2227952424153019283'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/04/pour-un-monde-meilleur-22.html' title='Pour un monde meilleur ? (22)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-8814516817612800993</id><published>2007-04-13T21:25:00.001+01:00</published><updated>2007-04-13T21:26:18.429+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (21)</title><content type='html'>« c’est beau. Non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lui demande-t-elle maîtrisant à peine son enthousiasme. Il se contente de sourire, ne la laissant pas vraiment deviner son sentiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- en une autre époque, j’aurais été fière je crois…&lt;br /&gt;- pourquoi, qu’est-ce que ça change ?&lt;br /&gt;- ben là c’est, enfin comment dire plutôt inutile, non ? Alors qu’avant je pensais que je travaillais pour quelque chose. J’ai même, à une époque eu le sentiment de créer un peu…&lt;br /&gt;- mais vous créez. Enfin, c’est bien vous qui avez dessiné cela…&lt;br /&gt;- dessiné, dessiné, euh oui, plus que ça encore. J’ai passé des heures, des nuits à imaginer tout cela. D’abord il fallait avoir le projet, puis ensuite la forme etc… enfin vous savez…&lt;br /&gt;- oui j’imagine. Et c’est plutôt bien, non ? On est contents.&lt;br /&gt;- Oui, je pense. Mais ça me fait bizarre de me dire que cela restera uniquement dans le champ du confidentiel. Que cette forme. Que cette idée au fond ne seront qu’un élément qui aura servi à quelques personnes et rien de plus…&lt;br /&gt;- Vous voulez quoi ? qu’on le commercialise ? à grande échelle.&lt;br /&gt;- Non, enfin ce ne serait pas possible… non ce n’est pas cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s’arrête un instant pour regarder l’engin. Près de la fenêtre atelier en verre feuilleté, dont le haut était cassé, ses parties métalliques luisaient d’une manière imprévue. A cela aussi elle avait beaucoup réfléchi. Sans doute par déformation professionnelle, ou était-ce simplement lié à son caractère : elle était perfectionniste. Avait malgré tout été formée à l’être. Au départ, elle avait envisagé une coque complètement mate sans le moindre reflet. Un élément qui par ses qualités de non réflexion se fondrait complètement dans le paysage. Dans l’univers. Elle trouvait cela très beau. Elle se souvenait d’avoir repensé à une œuvre d’Anish Kapoor qu’elle avait vue au CAPC de Bordeaux. Il s’agissait d’une demi-sphère, pas tout à fait sphérique d’ailleurs, demi-ellipse donc, suspendue. On pénétrait dessous, et soudain on se sentait comme aspiré par le vide. Le sentiment était tout à fait inconnu. Inédit. Le dôme dont on ne distinguait en réalité absolument pas la face interne faisait 8 mètres de diamètre, mais la profondeur en était annulée par le pigment utilisé. Et la lumière peut-être. Soudain, alors que l’on n’était même pas dans un espace différent, on était transporté nulle part. Plusieurs fois, elle est ressortie de cette emprise pour voir les autres œuvres, et plusieurs fois y est retournée, comme aspirée, comme pour faire le plein de cette non matière, de cette non essence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’objet qu’elle avait devant les yeux ressemblait davantage à une autre œuvre de l’artiste réalisée plus tard. Une sculpture en métal poli dont les reflets avaient eux aussi tendance à annuler la forme. Sans doute avait-elle malgré tout été nourrie de cette volonté d’éviction. Qui après tout convenait tout à fait à la situation. Disparaître et se fondre dans le rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus drôle ici était qu’il s’agissait de morceaux à assembler, ayant donc chacun leur forme propre pour pouvoir à un moment devenir des pièces à vivre, comme un puzzle, ayant donc chacune une particularité qui pourtant par l’abstraction de la matière et de la volonté du créateur s’annulait de fait, s’évanouissait pour laisser place à l’absence de ce que l’on ne peut définir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-8814516817612800993?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/8814516817612800993/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=8814516817612800993' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/8814516817612800993'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/8814516817612800993'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/04/pour-un-monde-meilleur-21.html' title='Pour un monde meilleur ? (21)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-8510882630471091555</id><published>2007-04-09T12:56:00.000+01:00</published><updated>2007-04-10T12:27:21.544+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (20)</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RhpRLUjSU0I/AAAAAAAAAAM/hqcAvp7GVnE/s1600-h/soldat.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5051439186986554178" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RhpRLUjSU0I/AAAAAAAAAAM/hqcAvp7GVnE/s320/soldat.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Tout s’étiole petit à petit, jusqu’au désir même de combattre l’étiolement fatal. Alors il ne nous reste plus qu’à mourir lentement et sans faire de vagues, à moins d’avoir la chance ou la malchance de connaître un dernier sursaut de vitalité qui nous fera emporter comme ultime sentiment celui de n’avoir pas su résister à une tentation jadis jugée inhumaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour se lève. La nuit n’a pas été très réconfortante. Elle regarde Bob qui dort à côté d’elle. Souvent dans les années où ils ont été liés, elle a éprouvé pour lui une sorte de compassion, de tristesse même. Sans doute un peu parce qu’en dormant il paraît toujours soucieux. On se demande même s’il ne souffre pas. Mais elle n’a jamais pu en rien savoir.&lt;br /&gt;Elle aimerait là lui déposer un baiser sur le visage, à un endroit n’importe lequel pour qu’il sache qu’encore maintenant elle pense à lui. Elle n’en fera rien bien sûr. Avec les années, ils sont devenus de plus en plus timides l’un envers l’autre, au point de ne plus se toucher que dans ces moments rares dans lesquels alors se met en marche sans doute ce que la frustration de trop peu de tendresse a fabriqué comme désir effréné de l’autre, jusqu’à vouloir saisir sa sève ou son âme à travers ce corps que l’on n’offre qu’à lui. Le temps leur manque désormais. Lui feint de continuer à travailler, comme s’il restait un quelconque espoir de rester établi en ce pays et d’en tirer encore quelque chose. Elle se dévoue à son entreprise.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, et il lui en coûte vraiment, elle doit prendre le train pour aller voir où en est la fabrication des CTU. Il s’agit d’une grosse boite de métallerie qui leur a détaché une petite unité de production secrète afin de les aider. Aussi parce que l’un des derniers bonnets restés sur les territoire français part vraisemblablement avec eux.&lt;br /&gt;Elle regarde encore son homme tandis qu’un jour trompeusement prometteur s’annonce. Alors qu’elle sera dans le train, entourée sans doute de toutes ces femmes enturbannées qui la regarderont avec cet espèce d’indifférence mensongère, elle sentira comme un poids la distance qui la sépare aujourd’hui de son domicile et de sa famille, son homme et ses enfants, demain de toute l’humanité qu’elle espérait pouvoir conserver. Savoir où et comment mourir ?&lt;br /&gt;Que transmettre ?&lt;br /&gt;A qui transmettre ?&lt;br /&gt;Les reverrait-elle tous un jour ? Chaque déplacement, chaque minuscule acte devenait dangereux, au point même que la notion de danger en était complètement viciée, qu’il n’en restait qu’un vague symbole, rien de précis, une idée qui vous rapprochait chaque jour un peu plus d’un nihilisme blanc.&lt;br /&gt;Elle penserait à Yohan aussi, l’appellerait peut-être. Se torturerait à tenter de savoir s’il n’avait pas raison, si elle ne devait pas se joindre à eux et abandonner tous les autres.&lt;br /&gt;Se joindre à lui, commettre un suicide dans une renaissance fictive, crise de la quarantaine débilitante dont elle garderait de bons souvenirs, un peu d’exaltation encore.&lt;br /&gt;Mais comment abandonner ceux dont on a la responsabilité. La seule issue est encore de leur mentir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seule issue est donc le cul. Rien d’autre. Point barre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-8510882630471091555?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/8510882630471091555/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=8510882630471091555' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/8510882630471091555'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/8510882630471091555'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/04/pour-un-monde-meilleur-20.html' title='Pour un monde meilleur ? (20)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RhpRLUjSU0I/AAAAAAAAAAM/hqcAvp7GVnE/s72-c/soldat.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-1505411335679001366</id><published>2007-04-02T22:28:00.001+01:00</published><updated>2007-04-02T22:28:59.411+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (19)</title><content type='html'>Cela faisait maintenant à peu près un mois qu’elle avait rencontré Yohan. Par un hasard étrange, il était ami avec un des premiers participants de l’aventure qui s’était depuis retiré, persuadé que des gens en voulaient à sa famille. Au moment de partir donc, et à une heure où il pensait que certains des participants pouvaient ne pas être fiables, n’étant sans doute que des saboteurs, Jean avait indiqué à Martha l’existence d’un réseau. Il s’agissait d’un jeune philosophe assez connu d’ailleurs qui avait entraîné quelques personnes dans une aventure autrement plus audacieuse que la sienne : ils voulaient lutter, et peut-être prendre les armes.&lt;br /&gt;Tout ce contre quoi elle résistait depuis des années, depuis qu’à force de raison et de résignation imposée par les autres, elle avait décidé qu’il ne servait plus à rien de combattre pour ce pays traître et assassin.&lt;br /&gt;Jean avait pourtant bizarrement insisté pour qu’elle se rende à une des conférences du jeune homme.&lt;br /&gt;Il les avait présentés.&lt;br /&gt;Depuis son attitude étrangement bienveillante à son égard l’avait d’abord intriguée puis obsédée au point qu’elle ne pensait plus qu’à cela. Parfois elle se demandait même s’il n’était pas aussi une taupe, un envoyé dont la mission serait de dynamiter tous les groupes de résistance ou de non soumission à l’occupant.&lt;br /&gt;Alors qu’elle l’avait d’abord pris pour un fat personnage, relativement immature, enfin assez pour n’être en proie à aucune réalité, sauf celle de sa pensée, il avait commencé à lui manifester des marques d’intérêt qui ne pouvaient qu’éveiller chez elle des réflexes enfouis, troubles depuis longtemps évacués de sa pauvre tête. Une certaine admiration a commencé à naître pour l’homme dont elle ne connaissait pas la pensée mais enviait l’élocution, l’aisance. Il ne restait cependant pour elle qu’un gamin, doué sans doute, courageux, mais n’ayant au fond aucune idée de ce vers quoi il avançait réellement. Les rares fois où elle avait pu lui parler, il lui balançait des phrases étranges, d’une gentillesse inappropriée, qui ne pouvait que sonner faux. Ce type était soit un parfait bonimenteur, soit un idiot qui n’avait toujours pas compris qu’on ne donnait pas son amitié aussi facilement. Ou bien avait-il simplement pitié d’elle. Peut-être était-ce de là qu’était partie son obsession. Puisqu’il ne fallait pas qu’il s’agisse d’un sentiment aussi vain et inutile, il y avait forcément autre chose. C’est alors qu’elle découvrit, à plus de quarante ans, qu’elle préférait encore qu’on l’aimât pour son physique que pour ses qualités intellectuelles ou son engagement, qui n’en était en plus pas un. Enfin, ce n’était même pas son physique qu’elle voulait qu’on appréciât, c’était plutôt son intimité qu’elle espérait qu’on désirât encore. Ce n’était pas du sexe, pas de la libido. Elle espérait que quelqu’un, quelque part était encore capable de la voir.&lt;br /&gt;Elle n’était pas dupe cependant, mille explications pouvaient encore éclairer cet intérêt de plus en plus manifeste. La plupart n’étaient pas d’un romantisme absolu. Mais lorsque l’on approche de la fin de sa vie, qu’est en somme la fin définitive de sa jeunesse, on peut sans doute se contenter de peu.&lt;br /&gt;Se contenter de se laisser séduire par la seule personne qui ose encore vous regarder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-1505411335679001366?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/1505411335679001366/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=1505411335679001366' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1505411335679001366'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1505411335679001366'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/04/pour-un-monde-meilleur-19.html' title='Pour un monde meilleur ? (19)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-7936181905888049700</id><published>2007-03-29T22:02:00.000+01:00</published><updated>2007-03-31T17:30:05.219+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ? (18)</title><content type='html'>Parfois je me demande ce que j’emporterai de Miami dans ma mort. Quelles images, quelles sensations garderai-je de ce lieu qui a en quelques sortes conditionné ma vie. De ce lieu qui a tant compté pour moi, qui m’a je pense investie d’un imaginaire que je croyais interdit, parce qu'à l'évidence il était too much.&lt;br /&gt;Ce lieu que je ne reverrai sans doute jamais. Dont je ne sentirai jamais plus l’étouffante douceur, la magnifique tiédeur humide, du matin au soir, de la nuit érotique à l’aube romantique.&lt;br /&gt;Je me demande s’il est possible que de ces néons absolument irréels, qui balancent leurs fils magiques et remuants dans l’espace en mouvement, je ne garde rien. Que tout cela m’ait été inutile, assez enfin pour qu’ils retombent dans une réalité dont je serai absente. Est-ce imaginable qu’un jour ces hôtels, ces chambres désuètes, ces espaces marqués par des années dont nous ne nous échapperons pas s’envolent en souffle de poussière pour laisser place au temps, pour laisser place à une suite. Les seventies et leur authenticité, figés à jamais dans l’autre Amérique, celle qui continue de vivre et de produire du rêve, celle qui malgré tout, malgré tout existe encore…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celle où j’ai pu imaginer la suite de mon existence tout en la vivant en direct…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Miami et ses espaces réels, sable blanc, transats en bois, mer turquoise, et moi, en nous…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amoureux partout, amoureux dedans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Néons, hôtels, rhum, cocktails, batailles de rue, coup de points, cigarettes, drogue, salon de strip tease. Voitures, espaces, chaleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous étions beaux le soir lorsque nous sortions, bronzés, brillants, jeunes et désirant nous plaire. Nous n’avions rien vécu que de petits moments, petites douleurs, grandes alors, mais effacées pour un temps et toujours, dans ces nuits torrides, où l'air tiède, effleurant depuis les naco, nos peaux humides, ajoutaient à l’incroyable exotisme du lieu, une touche fictive. Tout relevait de la construction mentale, de l’exception qu’il est impossible de vivre et que pourtant nous avons eu la chance de connaître. Enfin je crois.&lt;br /&gt;A moins que je n’aie rêvé tout ça. Simplement pour pouvoir emporter au fond du fond, un peu de la magie à laquelle chaque être humain aspire sans doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-7936181905888049700?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/7936181905888049700/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=7936181905888049700' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/7936181905888049700'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/7936181905888049700'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/03/pour-un-monde-meilleur-18.html' title='Pour un monde meilleur ? (18)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-1260082893795432027</id><published>2007-03-20T22:03:00.000Z</published><updated>2007-04-09T15:47:06.121+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur ?(17)</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RhpRdEjSU1I/AAAAAAAAAAU/eaFG-07El7I/s1600-h/tadzio.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5051439491929232210" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RhpRdEjSU1I/AAAAAAAAAAU/eaFG-07El7I/s320/tadzio.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;La nuit est agitée. De visions d’abord, puis de doutes incandescents. Comme une prison à laquelle on tente d’échapper par n’importe quel moyen tout en sachant qu’aucune libération n’est évidemment possible.&lt;br /&gt;Au moins existe l’image, la possession du désir, énorme avantage de celle qui vit encore, et se sait pouvoir exulter. Les songes abritent leur lot de péchés, tandis que les moments d’éveil rattrapent bientôt la quiétude de ne pas trahir, de simplement se laisser effleurer par une pensée amie, un réconfort bienveillant.&lt;br /&gt;S’il en est ainsi, c’est que sans doute, au fond de l'homme, une chose a pu se développer.&lt;br /&gt;Il s’est laissé toucher par elle, emporter dans quelque intime trait de son caractère, qui lui aura plu, sans doute. Si cette nuit précise est envahie de tant de présence, elle le sait, cela signifie qu’une chose a eu lieu.&lt;br /&gt;Elle se rendort cette fois pour se perdre dans les méandre d’un appartement étrange, une fiction d’appartement où les seules pièces fréquentées ressemblent toutes à des laveries. Immenses salles de bains, emplies de grands paniers en métal sur roulettes dans lesquels gisent quelques serviettes blanches. Il la plaque contre un mur. Il appuie sur son corps avec une force volontaire.&lt;br /&gt;Il s’agit de l’appartement d’un grand-père, étrange absent.&lt;br /&gt;Puis encore elle se réveille, oublie son visage, replonge dans ce doux délire que l’alcool aide un peu sans doute. Elle s’éloigne de tout. La nuit avance sans elle.&lt;br /&gt;Pourtant une volonté implacable émane de ces images qui sont sans doute autant de pensées réunies en une seule : un homme peut aimer une femme pendant quelques minutes, quelques heures tout au plus. Ensuite advient la lente et douce usure des corps et des esprits, qui s’apparente finalement à un contrat, un pacte entre deux âmes : l’une souvent égarée l’autre souvent écervelée. Parce qu’ils se sont plu, qu’ils se sont dit oui, à un moment de fièvre, ils décident de se soutenir sur le chemin de la fin, par une aménité inquiète et résignée aussi. Mais les rares minutes, vécues ou fantasmées ne peuvent-elles pas à elles seules emplir une vie de l’espoir de les sentir encore, avec l’être dont on aura su se faire aimer pendant quelques heures… ou bien d’autres, simples avatars, ne servant qu’à recréer encore et toujours le moment originel, celui de la flamme.&lt;br /&gt;Alors, en rêve, c’est comme une musique d’où l’on voit surgir mille personnages, mille tableaux, par le seul génie de quelques doigts agiles sur un clavier, d’une corde à laquelle un digne disparu a su affecter, par cette capacité unique d’anticipation, de projection, un peu de la magie du monde. La création de la matière entre quelques cordes qui vibrent. La fabrication de la réalité, de la concrétion s’inventant dans le vide entre le graphite et le papier…&lt;br /&gt;Si l’on peut faire naître d’un peu de vide, peut-on empêcher alors la disparition ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soudain, ce sont les Cellules Techniques Unifamiliales qui apparaissent, habitées de tous ces autres qu’elle ne veut pas connaître, dont elle ne peut endurer qu’ils soient sa fin à elle. Pourtant l’idée était belle, qui lui a même permis de gagner de l’argent et de s’assurer un avenir. Projetée dans ce que les images de synthèse ont su montrer, elle avance, vogue presque sur des champs de blé immenses, dans un silence brut et épais.&lt;br /&gt;Sous un soleil écrasant, projection d’un monde sans hivers, sans rupture aussi doux et insipide que ces épis dorés sur lesquels elle se laisse glisser vers l’infini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-1260082893795432027?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/1260082893795432027/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=1260082893795432027' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1260082893795432027'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/1260082893795432027'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/03/pour-un-monde-meilleur-17.html' title='Pour un monde meilleur ?(17)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_iLw5XgptD0M/RhpRdEjSU1I/AAAAAAAAAAU/eaFG-07El7I/s72-c/tadzio.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-7330516136402334838</id><published>2007-03-15T16:06:00.000Z</published><updated>2007-05-25T09:14:09.121+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (16) ???!!!</title><content type='html'>Il se décide finalement.&lt;br /&gt;- Ecoute, je pense que tu es une personne motivée et aussi douée qui plus est. Je crois donc que plutôt que de partir avec tous ces beaufs, tu devrais nous aider, te battre à nos côtés, même si dit comme ça, ça sonne un peu pompeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle le regarde un peu perdue. Un peu soule. La fatigue, les évènements. Cette lutte incessante contre elle-même et l’envie de se laisser aller à ce qui aurait pu être sa vie telle qu’elle l’avait construite jusqu’à un âge avancé, enfin adulte : profiter. Aujourd’hui comme elle aimerait tout laisser tomber et croire encore, croire que tout va bien comme tous ces anciens amis qu’elle a laissés sur le bord du chemin. Croire aux apparence que laisse exhiber la belle Paris en ses quartiers les plus côtoyés et encore convoités. Croire en la richesse, en la culture, en la mode. Oublier tout ce que l’on sait, parce qu’on l’a d’abord découvert sur Internet, puis qu’on a pu le constater par soi-même. Les entrailles se brûlent vivantes, la France est en train de se mourir de l’amertume de n’avoir jamais su lutter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- alors qu’en dis-tu ? son regard brille toujours autant. Mais sans doute est-elle folle. Qu’en dit-elle ?&lt;br /&gt;Elle en dit qu’elle laisserait bien tout tomber tout de suite pour suivre ce mec, oublier tout et tout le monde. Ceux qui savent. Ceux qui ne savent pas. Ceux qui croient. Ceux qui ne veulent pas croire. Parce que jamais ils ne veulent voir. Elle le suivrait dans cette Résistance nouvelle version. Enfin nouvelle vraie version. Pas la version des « corrects » qui ont trempé cela à toutes les sauces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- j’en dis que je ne sais pas. J’en dis que bien sûr, je pense que, enfin comment dire, avec vous, je serais plus sûre de mes alliés qu’avec ces beaufs comme tu les appelles.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ça y est, le &lt;/em&gt;&lt;strong&gt;tu&lt;/strong&gt;&lt;em&gt; vient. Doucement il a fini pas s’imposer, et il est lisse à l’oreille et à la bouche.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;- J’en dis que vous avez raison. Mais tu es jeune, sans attaches sans doute…&lt;br /&gt;Il l’interrompt brusquement.&lt;br /&gt;- Tu n’en sais rien.&lt;br /&gt;Elle reste un instant surprise, embarrassée presque…&lt;br /&gt;- tu as raison, je n’en sais rien, et là n’est pas la question à vrai dire. La question est que je n’ai plus envie de me battre contre une évidence. Je n’ai plus envie de me battre contre un destin, et surtout, surtout, je n’ai plus envie de sauver un pays qui nous a trop, qui m’a trop trahie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sourit. Commence à tripoter son paquet de cigarettes. En prend une.&lt;br /&gt;Bravant tout ce qu’elle est, elle lui en demande une. Il la regarde étonnée. Doucement, il entrouvre à nouveau le paquet puis le lui tend. Elle soutient son regard et se sert, attend, les yeux fixés dans les siens qu’il lui allume sa cigarette. Ce qu’il fait enfin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La conversation peut reprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- je te comprends, lâche-t-il enfin.&lt;br /&gt;- J’espère, répond-elle d’une voix tremblante.&lt;br /&gt;- Mais tu as tort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soudain, elle n’a plus qu’un désir : qu’il l’emmène d’ici, vers quelque hôtel plus ou moins glauque. Qu’il lui permette de penser à autre chose enfin, tout sauf la lutte. La lutte épouvantable, éprouvante et tellement injuste. Chaque matin elle est au bord des larmes, la fatigue l’étrangle. Son mari, qui feint d’ignorer ce qui se passe, dont elle ne sait même pas s’il la suit, même si elle en est sûre au fond. Les enfants sont à peu près sortis de l’auberge, ils partent aux Etats-Unis dans moins d’un mois. Qui sait si elle les reverra…&lt;br /&gt;Alors pourquoi ne pas faire ça maintenant. S’il en a envie comme elle croit le percevoir. Ça lui laissera au moins un souvenir. Elle sait bien que sa vie sexuelle va se disperser jusqu’à disparaître bientôt. Elle sait bien que rien n’est éternel. Le corps, le visage, les idées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle lui sourit. Et répond avec sarcasme.&lt;br /&gt;- ah bon ? j’ai tort. Comment peux-tu savoir si j’ai tort.&lt;br /&gt;- Je le sais, c’est tout.&lt;br /&gt;- Vraiment ? c’est formidable ça…&lt;br /&gt;- Sans doute, mais c’est comme ça.&lt;br /&gt;- Vas-y…&lt;br /&gt;- Quoi vas-y ? ses yeux s’éclairent.&lt;br /&gt;- Explique-moi en quoi c’est comme ça, en quoi j’ai tort. Elle jubile soudain.&lt;br /&gt;- Je vais le faire. Il commence à pianoter sur la table, se retourne à la recherche d’un serveur. En voit un, le hèle.&lt;br /&gt;- Que veux-tu boire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle hésite.&lt;br /&gt;- euh, une vodka.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sourit tout en prenant un air surpris.&lt;br /&gt;- une vodka ? eh bien va pour deux vodkas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le serveur est reparti. Il s’avance vers elle, les mains posées sur la table, vient à sa rencontre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- tu as tort, parce qu’on n’a jamais raison de renoncer.&lt;br /&gt;- Tu me traites de lâche ?&lt;br /&gt;- Non pas du tout, je peux comprendre, enfin imaginer ce qui t’a fait prendre ce chemin plutôt qu’un autre. Et bien évidemment que je comprends cela, mais… mais comment dire. On a besoin de vous, de tout le monde, et tu verras on gagnera.&lt;br /&gt;Elle éclaterait de rire si elle n’était si triste, depuis tant d’années maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- comment veux-tu qu’on gagne ? et gagner pour quoi. Ce pays est non seulement perdu, mais en plus, on devrait lui cracher à la figure de nous avoir tellement trahis. Quand tes grand-parents, puisque j’imagine que tes parents sont nés en France, sont-ils arrivés ?&lt;br /&gt;- hum… ma grand-mère est née en France, et mon grand-père est arrivé un peu avant la guerre.&lt;br /&gt;- Ils venaient d’où ?&lt;br /&gt;- Pologne et Roumanie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle baisse les yeux. Les vodkas arrivent. Elle demande au serveur s’il est possible d’acheter des cigarettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- mais j’en ai. Intervient Yohan, ce n’est pas la peine d’en acheter.&lt;br /&gt;- Ça me gêne.&lt;br /&gt;- Je t’en prie, ne sois pas gênée, c’est avec plaisir, j’en ai plusieurs paquets. Le serveur attend, c’est bon lui lance-t-il. Pas de cigarettes. Juste deux vodkas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pologne et Roumanie donc, comme mes grand parents. C’est drôle. Enfin du côté de ma mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sourit et lui propose une cigarette qu’elle n’a d’autre choix que d’accepter. Alors elle accepte, sourit légèrement et attend une nouvelle fois qu’il lui tende la flamme de son briquet.&lt;br /&gt;- et tu sais pourquoi ils sont venus en France, n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;- bien sûr que je le sais. Et je sais aussi où tu veux en venir… mais ça ne change rien. Ca ne changera rien à mon engagement.&lt;br /&gt;- Mais je ne veux rien changer à ton engagement, je le trouve magnifique. Un peu utopiste mais beau. Mais moi je ne peux pas.&lt;br /&gt;- Mais tu imagines, enfin je ne dis pas ça pour toi, mais tu imagines si tout le monde pensait comme toi…&lt;br /&gt;- Oui, mais de toute façon tout le monde ne pense pas comme moi. Certains sont prêts à se battre, et ne croie par que j’aie envie qu’ils se battent pour moi. J’ai juste envie de m’en foutre. De tirer un trait. Un trait sur ce pays qui ne nous a jamais aimés, nous a livrés et s’apprête à le refaire.&lt;br /&gt;- Mais Martha…&lt;br /&gt;- Non. Tu sais, ne t’imagine pas que les pogroms se passaient au Moyen Age.&lt;br /&gt;- Mais je ne l’imagine pas du tout.&lt;br /&gt;- Oui, mais ce que je veux te dire, c’est que c’était une chose beaucoup plus banale que ce que l’on peut croire. Mon grand-père racontait à ma mère comment cela se passait. Les gens s’entendaient bien. Il leur arrivait de plaisanter. De se côtoyer, même si on ne peut sans doute pas dire qu’ils vivaient ensemble. Car bien sûr à cette époque pour, toujours les mêmes raisons, le communautarisme était la règle, j’emploie ce terme à dessein car j’exècre cette notion inventée par les antisémites. Enfin, voilà, ils communiquaient, et de temps en temps, les Cosaques picolaient un coup, et ils descendaient dans les villages et butaient tout le monde.&lt;br /&gt;- Je sais tout cela.&lt;br /&gt;- Oui, je me doute que tu sais tout cela. Mais je crois, elle s’arrêta, la vodka commençait à faire effet, je crois que quelque part tu es trop jeune pour vraiment sentir que ce n’était pas le Moyen Age, et que tes grands-parents comme les miens sont venus ici, parce qu’ils croyaient qu’ici on les protègerait…&lt;br /&gt;- Enfin je sais tout cela. Répondit-il durement.&lt;br /&gt;- Oui, tu le sais, mais on dirait que ça ne te suffit pas. D’ailleurs c’est pareil pour tous les intellectuels français. Je n’ai jamais compris pourquoi ils restaient, eux étaient encore mieux informés que nous. Enfin bien sûr, ils écrivent en Français, mais… elle s’arrêta.&lt;br /&gt;- Ça ne va pas ? il avait l’air vraiment inquiet.&lt;br /&gt;- Si ça va, enfin je suis fatiguée. Tu sais ce n’est plus de mon âge tout cela.&lt;br /&gt;- Oh arrête. J’ai bien remarqué que tu veux tout le temps te faire passer pour une vieille.&lt;br /&gt;- Peut-être parce que je suis vieille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle le regarda encore. Pourrait-elle vraiment se laisser toucher par un aussi jeune homme, une flamme juvénile éclairait son regard. Il lui semblait qu’il pourrait presque être son fils. De toute façon, dès qu’on devient mère, on perçoit facilement les jeunes hommes comme des fils potentiels.&lt;br /&gt;En même temps, la transgression lui apparaissait ce soir comme tellement excitante. Elle tenta de se concentrer et reprit, avant qu’il ne se décide par sa faconde à lui interdire toute capacité de s’expliquer.&lt;br /&gt;- peut-être qu’en tant que vieille, je peux avoir le privilège de, enfin le bénéfice du doute.&lt;br /&gt;- Tu plaisantes j’espère ?&lt;br /&gt;Décidément, il pouvait être violent.&lt;br /&gt;- comment ça ?&lt;br /&gt;- eh bien tu n’as aucun bénéfice du doute, justement parce que tu es jeune, intelligente, brillante à n’en pas douter, et même séduisante, ce qui n’a rien à voir, mais ce qui fait, que je te répondrai comme à n’importe quel autre interlocuteur…&lt;br /&gt;- oui, mais pourtant tu dois avoir confiance dans mon expérience. Au moins l’écouter…&lt;br /&gt;- ça d’accord, je t’écoute. Je t’écoute jusqu’au bout de la nuit s’il le faut, mais je te dirai ensuite ce que j’aurai à te dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-7330516136402334838?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/7330516136402334838/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=7330516136402334838' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/7330516136402334838'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/7330516136402334838'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/03/pour-un-monde-meilleur-16.html' title='Pour un monde meilleur (16) ???!!!'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-6692150570609085028</id><published>2007-02-16T14:57:00.000Z</published><updated>2007-02-24T13:12:37.597Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (15)</title><content type='html'>Pour que l’angoisse soit à son faîte, elle commence à remarquer que l’homme, le jeune homme est plutôt bien fait de sa personne. Un visage intéressant, et surtout un regard sombre et pénétrant.&lt;br /&gt;L’heure est grave, assurément, il n’est sans doute pas là pour parler à une pauvre vieille adolescente en mal de sensations, et pourtant il lui semble qu’il la transperce d’un regard qui est toute autre chose que la simple volonté de la voir se rallier à leur cause.&lt;br /&gt;Mais quelle est cette cause ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors vous voyez ça comment ? lui demande-t-elle pour rompre ce qui pourrait bien passer pour une gêne indépassable, empourprée d’une honte coupable. Au fond d’elle, la certitude de n’être pas là pour les bonnes raisons. Pas là pour sauver l’humanité ou au moins sa partie la plus exposée qui est de toute façon condamnée. Non juste là pour savourer ce peu de temps d’une toute fin de jeunesse agonisante. Encore un peu de fraîcheur ou au moins de féminité qui la font se trouver en face d’un jeune homme au regard étincelant qui ne peut pas n’être allumé que par de bons et grands sentiments. S’il la regarde ainsi au fond d’elle-même, s’il enfonce cette persistance vers elle, c’est qu’il n’y a pas que l’esprit, mais que la chair est et sera toujours présente.&lt;br /&gt;Elle n’en peut douter. Elle ne veut pas en douter…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fixant droit dans les yeux, il s’allume une cigarette, alors qu’elle a refusé celle qu’il lui proposait. Va-t-il enfin se décider à parler ou simplement continuer ainsi ? car s’il continue ainsi, il se pourrait bien que dans quelques longues minutes, s’il le propose, elle se retrouve contre toute attente et tous principes, au fond de quelques draps plus ou moins frais, dans les sécrétions que l’humeur venimeuse du moment impose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- que veux-tu savoir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu que ce tutoiement accroche.&lt;br /&gt;- Eh bien je ne sais pas. Disons que…, son sourire a l’air si pur…, comment se fait-il qu’elle soit toujours elle-même avec tant de conviction, qu’elle ne soit jamais parvenue à être une autre, plus forte, moins transparente, moins évidente.&lt;br /&gt;- Oui…&lt;br /&gt;- Non, elle prend sa voix calme, celle de l’aînée qu’elle est censée représenter. D’autant que c’est elle qui l’a attirée à lui en premier, il ne faut pas l’oublier. Je voudrais savoir ce que tu attends de moi…&lt;br /&gt;Il rit. Et sans prononcer un mot s’enfonce dans son siège. La regarde encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soudain elle se souvient de ce visage fatigué, de ce sentiment d’abandon qui la prend chaque matin lorsqu’elle tente de le recomposer, de cette envie de s’en remettre à l’évidence, d’accepter qu’elle est hors jeu, ce que le peu de libido qui l’habite encore laissait entendre finalement. Que peut-il donc percevoir d’elle ? a-t-elle encore le moindre pouvoir sur les hommes, à l’instar de la jeune blonde à la matrice ?&lt;br /&gt;Est-il possible que le fond de l’être existe vraiment ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-6692150570609085028?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/6692150570609085028/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=6692150570609085028' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/6692150570609085028'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/6692150570609085028'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/02/pour-un-monde-meilleur-15.html' title='Pour un monde meilleur (15)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-117111657964317100</id><published>2007-02-10T14:08:00.000Z</published><updated>2007-02-12T15:45:44.206Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (14)</title><content type='html'>Elle s’approche de lui, puisqu’il est prévu qu’elle le fasse, et lorsqu’elle est environ à deux mètres de lui, elle croise son regard. Et la chose se produit. Cette chose qui ne lui était pas arrivée depuis tant d’années. Depuis tout ce temps où elle se sentait vieille, où elle se sentait contrainte de tenir son rang. Un sourire parcourt les deux visages qui se remettent vite au sérieux qu’ils s’imposent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         vous allez bien ? lui demande-t-elle, le devançant légèrement.&lt;br /&gt;-         On peut peut-être se tutoyer. Qu’en penses-tu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle n’en pense rien en réalité. Oui, non, qu’importe…&lt;br /&gt;Ce n’est que plus tard. Lorsqu’elle repensera à cette soirée, qu’elle tentera d’interpréter cette prise de position, soit comme une avancée anodine, soit comme une marque d’affection, qui la reconnectera au regard échangé quelques secondes plus tôt. Alors ce petit corps, qu’elle jugeait endormi se réveillera. Alors même pensera-t-elle à des choses insensées, comme des sentiments.&lt;br /&gt;Au fond elle s’est toujours emballée si vite. A peine un homme lui souriait-elle qu’elle pensait déjà au mariage.&lt;br /&gt;Elle est mariée depuis presque vingt ans maintenant. Une collaboration étrange. Une confiance énorme, puis brisée mille fois. Un amour évident, mais entaché par la vie, et par la nécessité de vivre aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le petit blouson de cuir la recouvre comme une seconde jeunesse. Qui peut vraiment affirmer qu’il a vu passer les années ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         où en es-tu de ton côté Martha ? n’es-tu toujours pas motivée pour quitter votre projet de fuite et nous rejoindre, nous rejoindre vraiment ?&lt;br /&gt;-         je ne suis pas sûre que vous ayez, enfin que tu aies vraiment besoin de moi.&lt;br /&gt;Il la regarde d’un air étrange. Comme s’il la soumettait à une analyse méticuleuse, afin de déterminer si oui ou non, elle  était une traîtresse. De toute façon, où qu’elle aille, elle a toujours été une traîtresse. Traîtresse par nature, traîtresse par origine, traîtresse par impiété, traîtresse pour toutes les raisons du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         mais bien sûr que nous avons besoin de toi. Nous avons besoin de toutes les bonnes âmes motivées.&lt;br /&gt;-         Oui, mais je ne suis pas seule. Je suis responsable de l’avenir de mes enfants.&lt;br /&gt;Il lui jette un autre regard trouble, mais à ce moment un groupe de quatre ou cinq personnes s’approche de lui pour le féliciter chaleureusement. D’instinct elle se retire, et songe immédiatement à partir, sans rien dire, sans laisser de trace.&lt;br /&gt;Prendre l’avion.&lt;br /&gt;Elle qui l’a craint pendant tant d’années, comme elle aimerait le faire aujourd’hui. Prendre sa famille, quelques affaires, le peu d’argent disponible et disparaître. Effacer toute preuve de la présence de cette famille en ces terres maudites. Plus rien, aucun ancêtre, enfin de son côté à elle bien sûr, car c’est de son côté que les trahisons ont été commises avec le plus de force. Au point que chacun, chaque membre de sa famille un tant soit peu lucide s’étonne chaque jour un peu plus d’être resté en ce pays. Comme si ce qui s’était passé pendant la deuxième guerre mondiale n’avait pas suffi. Comme si tous les signes qui avaient suivi n’avaient pas suffi non plus.&lt;br /&gt;Elle s’éloigne, mais il la rappelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         attends, Martha, il s’excuse auprès des intrus, et s’avance vers elle. Ecoute, j’aimerais vraiment qu’on en reparle. Tu as du temps là, maintenant ? Elle regarde sa montre. Il est presque onze heures. Elle hésite et finalement accepte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-117111657964317100?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/117111657964317100/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=117111657964317100' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/117111657964317100'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/117111657964317100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/02/pour-un-monde-meilleur-14.html' title='Pour un monde meilleur (14)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-117044812187704789</id><published>2007-02-02T20:27:00.000Z</published><updated>2007-03-16T14:10:51.870Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (13)</title><content type='html'>« Il est comme la trace exclusive de ce qu’ils n’ont pas su voir ou comprendre, car après tout, il n’est pas de plus secret espoir que de savoir ainsi, sans savoir que l’on sait, de déchiffrer inconsciemment alors que la réalité qui nous étreint est une opacité sans fond. Infuser.&lt;br /&gt;C’est un peu la même idée que cette légende que l’on donne à croire aux écoliers. Après leurs devoirs, s’ils cachent le livre sous leur oreiller, ils finiront pas connaître immanquablement leur leçon. Le savoir rentrera en eux. Nul ne prétend que cela marchera si l’enfant n’a pas étudié auparavant, cela serait du reste parfaitement immoral. Mais ensuite, pour apaiser craintes et angoisses, ils inventent cette fable à laquelle ils croient un peu eux-mêmes sans doute. L’enfant est récompensé, mais aussi, on lui permet d’avancer, en luttant contre cet indicible doute qui plane comme une tâche sombre sur chaque créature dont les pas foulent le sol instable. Combattre les craintes et se soulager soi-même. S’il est possible d’ignorer l’incommensurable effort qu’est à parcourir par ceux que l’on met sur la terre, alors c’est un peu de temps gagné.&lt;br /&gt;Ils n’ont pas vu.&lt;br /&gt;La plupart en tout cas, mais bien sûr ils croient savoir car le livre de la platitude les accompagne depuis si longtemps.&lt;br /&gt;De toute évidence, pour vivre, il faut un peu de cette insouciance coupable, et un peu de cette magie à laquelle on ne croit pas vraiment, mais un petit peu seulement. Juste assez au fond pour continuer, parce que ne pas savoir, ne jamais savoir de quoi est faite la seconde suivante, est l’unique et l’évidente raison de toute croyance. Lutter ainsi contre la peur indicible de ce trou béant qu’est demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, plus que jamais peut-être, plus qu’hier en tout cas, le trou béant est bien au bord de nos pieds inquiets, de nos existences mornes de n’avoir plus rien à quoi les confronter en cette terre étroite et traîtresse qui nous a nourris de ses mensonges et boniments.&lt;br /&gt;Enfin la nation renaît, elle renaît de ce que l’on sent qu’on la quitte, qu’on la quitte alors que décidément il nous est demandé de nous accrocher à ses terres jadis chantantes, aujourd’hui muettes, habitées d’un passé qui exsude la mauvaise conscience déplacée, mélange histoire et mythes, alors qu’une seule et rationnelle horreur est à vraiment inscrire sur son tableau d’honneur. Elle n’en est pas l’auteur direct, mais peut se flatter de l’avoir largement aidée de son zèle empressé. De même que par la suite, elle aura continué à nourrir la haine de certains contre ces autres, avançant chaque jour un peu plus coupable sous ses airs de mijaurée habile, continuant par sa malhonnêteté à semer plus de cadavres que de raison. Et le pire donc c’est qu’aujourd’hui, nous nous sentons obligés de nous raccrocher à cette mère nation. Nous comprenons, faibles victimes éternelles que cette terre aura été la nôtre pendant le peu de temps qui reste, et nous voulons l’aimer. Alors que nous pensions que nous lui étions indifférents. Patriotisme ou nationalisme étaient de toute évidence de vilains mots. Voilà qu’aujourd’hui nous les découvrons nobles, en même temps que nous nous découvrons floués, humiliés, abandonnés. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme est jeune. Une trentaine d’années sans doute, guère plus. Grand. Un visage familier, mais décidément, elle a toujours eu l’impression de connaître la plupart des gens qu’elle croisait. Peut-être dans d’autres vies…&lt;br /&gt;Elle l’écoute et se retrouve partagée entre l’admiration, comment est-il possible de parler ainsi, et l’appréhension, de se faire à nouveau manipuler. Récupérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui-même ne semble pas toujours convaincu…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Vivre et mourir en sachant qu’on ne nous aime pas. En se sachant objet d’une éternelle détestation, condamnés à une éternelle incompréhension, sans l’ébauche même d’une lumière lavant de l’obscurité l’impensable, l’indicible monstruosité, qui de la même façon qu’elle a été possible un jour, le sera à nouveau, car rien ne semble plus évident.&lt;br /&gt;Comment continuer à ignorer qu’il n’est rien de plus sensé que ce retour des choses, cette pénétration nouvelle de l’infâme dans un monde endormi, car malgré l’ampleur de l’évènement, rien n’a jamais tendu à prouver qu’il se soit agi d’un accident.&lt;br /&gt;Et c’est cela que nous n’avons pas su voir, précisément. Parce que nous avons accepté de nous laisser bercer par l’idéalisme béat de ces années d’après guerre, où le monde se remet d’une émotion certes grande, en se félicitant de l’empêcher toujours à partir de maintenant, alors qu’il n’avait rien fait pour l’empêcher une première fois. Comme si les humains d’après avaient été par quelque miracle, celui de l’après justement, différents… cette idée est à peu près aussi stupide que ce qui nous entoure et nous réunit ici. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-117044812187704789?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/117044812187704789/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=117044812187704789' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/117044812187704789'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/117044812187704789'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/02/pour-un-monde-meilleur-13.html' title='Pour un monde meilleur (13)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116967683730994156</id><published>2007-01-24T22:12:00.000Z</published><updated>2007-01-24T22:13:57.320Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (12)</title><content type='html'>- en fait si, j’ai préféré le un, la suite était pathétique.&lt;br /&gt;La jeune femme ne semble même pas s’offusquer de la dureté des propos que Martha regrette déjà. Au contraire, elle semble toute disposée à dévoiler son plan, ici et maintenant pour empêcher la guerre en croisant les flux, ce qui en d’autres temps et dans d’autres fictions aurait été mal…&lt;br /&gt;Les mâles sont évidemment en mode &lt;em&gt;special aware consciousness&lt;/em&gt;, prêts à écouter et à croire n’importe quelle billevesée du moment qu’elle proviendra de cette délicate bouche d’enfant mal grandie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les années passant, Martha a pourtant appris à prendre sur elle, et surtout à vendre sa came en se vendant elle-même. Il faut donc garder l’avantage tout en permettant à la jeune femme de s’exprimer, puis la contrer intelligemment mais sans retour possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         Tes propos sont pour le moins surprenants mais, nous, enfin, quel est ton nom ?&lt;br /&gt;-         Je m’appelle Eva répond la jeune blonde dans un sourire.&lt;br /&gt;-         Eh bien Eva, nous t’écoutons. Quelle est donc cette chose exceptionnelle ? Je me suis un peu moquée de toi, mais cela m’intéresse, et intéresse tout un chacun ici d’entendre ce que tu as à nous dire.&lt;br /&gt;-         C’est extrêmement simple en fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ce moment Martha se sent piégée, par ce physique troublant et exceptionnel d’abstraction. Un visage qui serait comme une essentialité de visage. Des cheveux, une peau, et des yeux peut-être, une aura, un halo qu’une voix assez grave viennent contredire. Grave et basse, comme si la légèreté venait de s’envoler. D’où vient-elle ?&lt;br /&gt;Comment se fait-il que ses parents l’aient laissée venir jusqu’ici. Cette fille n’a pas de parents, c’est évident. Et toujours cette sensation de déjà vu, de reconnaître celle qui maintenant, grâce à sa blondeur insipide et irréelle va s’immiscer dans la petite histoire à écrire, dans le destin fragile à briser d’un grand coup de lâcheté.&lt;br /&gt;Ses mains blanches, très fines, prêtes à exprimer, et à décimer, à ruiner en un quart de phrases des années de projet, d’angoisses, de doutes pour finalement aboutir dans cette salle pourrie aux allures de décor de mauvaise série française —même pas en réalité, aux allures de local de merde, comme elle en a si souvent rencontré, dans sa longue carrière de penseur d’espace, sans réellement parvenir à dire si cela avait ou non un caractère tragique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut pourtant écouter, non il ne faut pas, personne n’a  plus le choix, il est impossible maintenant de faire machine arrière. La voix reprend son absurde et essentiel monologue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         vous l’avez dit, je suis très jeune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle âge d’ailleurs peut-être avoir, serait-elle une amie de mes enfants ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         je suis née avec Internet. Enfin j’ai toujours connu Internet, et je sais que ce n’est pas le cas de vous tous. Enfin d’ailleurs mon propos n’est pas là. Je voudrais juste en fait vous faire voir une chose que vous semblez ignorer.&lt;br /&gt;L’attention s’étale, se diffuse, chacun s’interroge, tout en se sentant visé, tout n’est peut-être pas perdu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         vous parlez, enfin vous et tout le monde, depuis des années je crois, d’une guerre qu’on ne peut pas combattre parce qu’elle est diffuse, qu’elle vise n’importe qui, et puis je ne sais plus quoi. Enfin bref, une guerre pas très fair-play en somme. C’est vrai qu’il n’y a pas vraiment de transparence sur les moyens d’agir, quant aux causes, je n’en parle même pas, de ces gens.&lt;br /&gt;-         Sans doute, et donc…&lt;br /&gt;-         Oui mais vous ne voyez même pas que c’est évidemment comme le réseau.&lt;br /&gt;-         Excuse-nous mais on sait bien que c’est grâce à Internet que nombre de leurs actions sont rendues possibles.  Ce ton est inutile et assassin, maîtrise-toi. La lumière devient trop agressive, l’heure tourne, elle devrait partir, rentrer chez elle. Se coucher et oublier…&lt;br /&gt;-         Oui, mais je ne vous parle pas de cela. Je ne suis pas en train de vous dire qu’Internet est un moyen. Je vous dis juste qu’Internet est une matrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116967683730994156?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116967683730994156/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116967683730994156' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116967683730994156'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116967683730994156'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/01/pour-un-monde-meilleur-12.html' title='Pour un monde meilleur (12)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116889628167638490</id><published>2007-01-15T21:21:00.000Z</published><updated>2007-01-18T14:57:19.450Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (11)</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/1600/930855/american%20beauty.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/320/889311/american%20beauty.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il y a tout de même une chose incroyable qui s’est produite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les regards se tournent vers cette voix à l’accent haut et à l’intonation joyeuse.&lt;br /&gt;Celle d’une jeune femme frêle, qui n’était pas là lors des premiers rendez-vous, et dont le visage n’est pourtant pas inconnu à Martha. Elle doit avoir dans les vingt-cinq trente ans. Les mots chancèlent un peu, mais son regard s’affirme. De grands yeux bleus qui lui rappellent aussi quelqu’un d’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis plusieurs et en même temps je suis moi, la vraie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle est donc cette chose incroyable ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La jeune femme, celle qu’elle croit connaître, celle qui lui évoque vaguement quelqu’un d’autre, celle dont la voix même semble connue d’elle s’engage. Elle s’installe. Tous les hommes la regardent, et le peu de femmes présentes, de moins en moins nombreuses, l’attendent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- je ne sais pas. Elle sourit. Enfin, on a réussi à croiser les flux. On a réussi à tout rendre possible. Beaucoup de choses sont finalement facilitées, peut-être qu’ainsi, on…elle prend sa respiration, enfin on empêchera la guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nombreux sourires attendris accueillent les naïves paroles de la jeune ingénue. Pourtant personne n’ose intervenir, un long silence s’installe, emprunt d’un doux apaisement, comme si soudain, par la simplicité de ses mots, elle avait réussi à calmer leurs angoisses pour quelques minutes au moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant sa phrase n’est qu’un concentré d’absurde. Quelle guerre ?&lt;br /&gt;Empêcher quoi ?&lt;br /&gt;Comment ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle continue à sourire, faiblement, pourtant son visage à la blancheur irréelle rayonne presque. La lumière est très crue dans ce sous-sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se décide à la contrer, sentant que les hommes sont tous à l’arrêt, mais n’y parvient pas. Serait-elle aussi sous le charme de la blondeur candide ? ou serait-ce autre chose ?&lt;br /&gt;Cette fille lui rappelle vraiment quelqu’un, enfin elle lui rappelle une autre personne et aussi il lui semble la connaître elle. Pourtant elle n’arrive pas du tout à recomposer le souvenir. Elle ne sait pas d’où lui vient cette impression de la connaître sans la reconnaître. Va-t-elle prendre le pas, l’empêcher d’aller dans une voie qui n’est de toute façon pas la bonne, puisqu’il faut avancer, organiser ce qui n’est encore qu’un minuscule début de projet, mais pourrait bien à l’évidence prendre forme. Elle entreprend donc de réagir. Se laisse pourtant encore un peu absorber par ce physique troublant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- excuse-moi mais de quelle guerre veux-tu parler ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jeune femme sourit, toujours aussi imperturbable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Eh bien la guerre, enfin celle qui va bientôt arriver…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes ont évidemment perdu leur cerveau, à supposer qu’ils en aient eu un jour. Martha commence à perdre le contrôle.&lt;br /&gt;- tu es au courant que la guerre a commencé depuis un certain temps. Il ne s’agit évidemment pas d’une guerre comme celles que nous avons connues au 20è siècle — mais je ne crois pas que tu aies bien connu le 20è siècle, en particulier sa première moitié, cependant il s’agit d’une guerre bien réelle qu’une frange de la population mondiale a déclaré à une autre frange de la population, dont une partie certaine n’est pas consciente, mais qui fait de vraies victimes, je te l’assure. Je ne comprends pas vraiment comment tu peux imaginer empêcher une guerre. Par quel moyen déjà, en croisant les flux ? Etrangement, cela me fait penser à Ghostbusters, enfin un film que tu n’as pas dû voir, tu étais trop jeune.&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116889628167638490?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116889628167638490/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116889628167638490' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116889628167638490'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116889628167638490'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/01/pour-un-monde-meilleur-11.html' title='Pour un monde meilleur (11)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116863812414000475</id><published>2007-01-12T21:34:00.000Z</published><updated>2007-01-12T21:42:04.146Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (10)</title><content type='html'>Le petit sac discrètement logotypé est à ses pieds, qui lui procure peut-être plus de réconfort que l’idée de partir avec eux. Elle le regarde, le devine. Parfois peine à imaginer que depuis tant d’années, il n’a pas changé. Sobre écriture à la main sur fond blanc. Sobre écriture à la main sur fond blanc d’un horizon lisse et sans aspérités. En France…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, il reste l’alcool en dernier ressort.&lt;br /&gt;Elle imagine une vie sociale itinérante. Parfois même se projette-t-elle avec délice dans les fantasmes de cette nouvelle vie qu’elle n’a pas choisie.&lt;br /&gt;Boire et mourir. Boire à en oublier de vivre, à en oublier la mort.&lt;br /&gt;S’aventurer dans les états seconds que l’on n’a jamais pu s’offrir et s’y perdre à jamais, jusqu’au moment où la délivrance se fait douce, où les doutes enfin et les douleurs s’évanouissent pour toujours. Mourir en paix.&lt;br /&gt;Mourir dignement de pouvoir croire encore. De n’avoir pas construit sa vie sur des mythes et son avenir sur une poussière à l’incandescence seule visible par l’œil des mauvais.&lt;br /&gt;Mourir d’une vraie vie, ou de ce qu’on avait envisagé comme tel, avant la trahison.&lt;br /&gt;Mais il est impossible à ceux qui ont un devoir de mourir ainsi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré le sentiment de dilution qui l’habite, au point que dans ses veines circule comme une douloureuse froideur, elle comprend qu’il faut continuer, expliquer, convaincre. Non, convaincre n’est pas nécessaire, seule s’impose l’obligation de ne pas exhiber ses doutes. Alors ils se laissent entraîner. Alors elle leur vend un projet. Une suite. Une fin possible même. Savoir où l’on pourra laisser son corps à la liberté des vivants. Ou bien se détacher…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment tout cela a-t-il pu arriver ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         Enfin, ce que j’essaie de vous expliquer c’est que, enfin disons que je sentais bien qu’avant il y avait comme un grain de sable dans les rouages. Mais j’avais fini par prendre notre société pour argent comptant, j’avais fini par croire que c’était possible. Comme j’avais cru au « plus jamais ça ». en grandissant, j’avais réussi à lutter contre mes peurs, et donc à croire au fond qu’elles avaient plus été motivées par, comment dire, ma folie pour faire simple que par une réalité humaine. La pulsion de mort dont parlent les philosophes, et qui franchement à moi m’échappe complètement par ailleurs, je n’y croyais pas vraiment. Je n’y crois toujours pas au fond.&lt;br /&gt;J’ai toujours été extrêmement consciente des dangers de la vie, peut-être n’était-ce au fond qu’une conscience de notre finitude, j’étais habitée par cela pourtant je n’y ai jamais rien compris par ailleurs.&lt;br /&gt;Mais le onze septembre, une chose s’est produite. Une vraie chose. C’est ce qu’on a cru en tout cas. Il y a eu un événement. Comme un film, sur un fond de ciel bleu impeccable, deux tours à la plastique irréprochable se sont effondrées devant nos yeux apeurés et subjugués. Je me souviens très bien de tout. J’étais devant la télévision, je regardais une connerie américaine au ciel bleu de toujours justement, et l’image a été brutalement remplacée par un autre ciel, tout aussi bleu, sur lequel se dessinaient deux tours dont une était ornée d’un anneau de feu. Mon premier réflexe a été de me dire : je veux connaître la fin de mon téléfilm. L’image du World Trade Center attaqué ainsi, je veux dire ces tours dans lesquelles j’étais montée, ne m’a pas plus choquée que ça. Mon cortex a pris cela comme une image à laquelle il était habitué. Une chose qui, soit parce que j’ai toujours eu peur de tout cela, parce que, même enfant, j’ai compris que ce qui arrivait aux autres pouvait m’arriver, soit parce j’avais vu trop d’images depuis, réelles ou non, n’était pas du domaine de l’incroyable, pas au début en tout cas. Et je voulais connaître la fin de l’histoire d’adultère qui m’avait accrochée à l’écran jusque là.&lt;br /&gt;Et puis…&lt;br /&gt;Et puis j’ai réalisé.&lt;br /&gt;Et puis on a tous réalisé. Je crois qu’on a été bien secoués, moi y compris. Il y a eu une sorte de consensus, qui très vite s’est disloqué tout de même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         oui, enfin tu as raison, ça n’a pas vraiment duré. On nous a montré les images de liesse de la rue arabe comme on dit. Intervient F. Puis on a entendu chez nous des alters, on ne disait pas comme ça à l’époque d’ailleurs, comment les appelait-on ?  je ne me souviens plus enfin des gauchos en tous genres qui, d’abord timidement, puis de manière plus affirmée ont osé avancer l’idée que les Américains étaient coupables, et donc responsables du sort de ces pauvres… .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         Oui c’est exactement cela. Au fond, on a cru à un réveil d’une partie de l’occident, et pas du tout au fond, ça a été comme le début d’une fracture, mais pas celle qu’on pensait. Le choc a vite été ravalé. L’immonde est retourné dans la masse pour faire partie du lot commun des évènements et non évènements comme les appelait Baudrillard, que je lisais à l’époque. Et c’est l’immonde idéologique qui a pris sa place. La France et l’Europe sont retournées à un aveuglement qui faisait penser à d’autres. Enfin bref. Le problème est qu’il y a ce qui se passe d’un côté et surtout la façon dont les gens reçoivent les choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils écoutent. Il semble qu’elle a su capter leur attention et un peu de leur sincérité.&lt;br /&gt;Continue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         J’aurais à une époque donné n’importe quoi pour ne pas avoir l’impression d’être en terre ennemie. J’en arrive à penser qu’aujourd’hui, à force de propagande…, à force de, d’humanité peut-être, on niera bientôt officiellement la Shoah, et l’Histoire n’existera plus. Il y aura une Histoire officielle, et finalement on pourra tout contester, ou douter de tout. On y sera contraints même. Par son pouvoir d’effacement, d’illusion irréversible Internet y aura contribué. Internet c’est l’avènement de la gentillesse, c’est le lieu et le moment où l’on croit qu’il est possible de s’aimer. De partager, de niquer le système en quelques sortes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116863812414000475?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116863812414000475/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116863812414000475' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116863812414000475'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116863812414000475'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/01/pour-un-monde-meilleur-10.html' title='Pour un monde meilleur (10)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116835037979186450</id><published>2007-01-09T13:41:00.000Z</published><updated>2007-05-26T20:15:25.060+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (9)</title><content type='html'>&lt;p&gt;« …&lt;em&gt;tolérance et impuissance sont synonymes&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;Cioran, &lt;em&gt;Histoire et utopie&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il est des éternités plus difficiles que d’autres à conquérir&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est à Miami que les choses se nouent.Jadis lieu du kitch angélique transposé, grâce à un mythique feuilleton, ici la vie reprend, de l’autre côté de l’Atlantique, là où les gens ont oublié d’être intelligents. Là où les gens ont décidé de vous rire au nez&lt;br /&gt;Regarder l’azur enchanteur d’une mer qui plus que tout au monde nous rassemble car c’est là que ça a commencé. Dans ce lieu à l’ultime beauté.&lt;br /&gt;C’est les années 90.&lt;br /&gt;C’est un été.&lt;br /&gt;Trois jeunes se retrouvent sur la plage. Ils découvrent un lieu au pouvoir de séduction inattendu. Ils découvrent un lieu qui regroupe tous les fantasmes dont ils ont pu se nourrir jusque là.&lt;br /&gt;Ils arrivent de nuit dans une voiture de location beaucoup trop grande et sont immédiatement happés par l’arrogance magnifique des néons qui partout semblent former l’espace et lui donner un sens.&lt;br /&gt;Art déco, c’est ainsi que le quartier se nomme, le style aussi, paraît-il.&lt;br /&gt;Ils viennent à peine d’atterrir en cette terre sauvage et déroutante que déjà ils pénètrent la presqu’île par le sud, par cette avenue qui est un monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hors de l’habitacle c’est une chaleur de l’autre monde, qui vous inspire au sens propre du terme. Ici, ce ne sont pas les hommes qui respirent l’étouffante humidité, ici c’est l’étouffante humidité qui respire les hommes.&lt;br /&gt;L’impression de coller au temps, soudain enfin d’avoir découvert un lieu qui existe vraiment, au moment où ils y sont. Entourés de peu de véhicules, ils continuent l’envoûtante incorporation de Collins Avenue à leur être, seule avenue possible, seul instant possible. Et les néons, rose, bleus, parme clignotent partout autour. Regarder cela et s’en souvenir toute sa vie. Des lumières qui n’éclairent pas. Des lumières qui explosent et génèrent de l’imposante humanité. De la volonté humaine de dire : regardez. Regardez et n’oubliez pas.&lt;br /&gt;N’oubliez jamais.&lt;br /&gt;La stupéfiante beauté.&lt;br /&gt;Pénètrent dans Collins.&lt;br /&gt;Pénètrent et les néons partout l’envisagent, la découvrent dans l’humidité dont ils se coupent à chaque fois qu’il faut parcourir d’un sens à l’autre le décor magnifique que le sort a placé sur leur chemin.&lt;br /&gt;Dans la chambre aux deux grands lits les garçons roulent un pétard. Son cœur se serre, le moment est arrivé bien vite. Bien vite elle a été trahie. Bien vite l’espoir se transforme en cauchemar, mais ici c’est autre chose, pourquoi ne pas libérer les inhibitions, laisser fuir. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lâcher enfin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qu’a-t-elle a y perdre ? &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Ici c’est l’Amérique. Ici c’est l’Autre Monde. Ici l’écran ne se traverse pas, il est partout, il t’a fait fondre et tu es gélatine.&lt;br /&gt;Tu trempes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116835037979186450?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116835037979186450/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116835037979186450' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116835037979186450'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116835037979186450'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/01/pour-un-monde-meilleur-9_09.html' title='Pour un monde meilleur (9)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116800185716687918</id><published>2007-01-05T12:55:00.001Z</published><updated>2007-01-05T12:57:37.173Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (8)</title><content type='html'>La nuit est d’encre pâle, transparente et douce de ses odeurs subtiles qui nous transpercent jusqu’à des mémoires enfouies.&lt;br /&gt;Pour un peu, on se sentirait heureux, dans cette atmosphère étrangement calme et apaisante. Comme si.&lt;br /&gt;On est en période de fêtes&lt;br /&gt;L’absence est partout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lumières clignotent seules dans le vide du sommeil des braves. Les braves cons.&lt;br /&gt;Myriam enfonce les écouteurs de son Ipod dans ses oreilles, mais ne se résout pas encore à appuyer sur play. La douleur intervient sur le réel. Les sens sont interrompus. Elle a mal en son bas ventre qu’elle sait souillé à jamais, qui ne pourra recevoir aucune semence. Parce qu’elle en est indigne. Elle est indigne de tout.&lt;br /&gt;Aucun vertige, aucune animalité, aucun espoir de n’avoir pas tout foiré ne lui sera plus jamais permis.&lt;br /&gt;Pourtant elle ne peut s’empêcher de sentir cette nuit d’opale. D’y trouver un quelconque réconfort, d’oublier pour quelques secondes la peur qu’elle ressent à chaque fois qu’elle se retrouve ainsi seule dans les rues, la nuit. Une femme. Une proie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paris est évidemment moins hostile que la banlieue, enfin surtout la nuit. Mais une femme aura toujours le privilège d’être une faible créature en regard de l’agressivité naturellement masculine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle marche et cela commence, sous l’effet du petit cachet, et par quelque sortilège humain : la brûlure laisse place à la jouissance dégueulasse. Son sexe irradie dans tout son corps et son cerveau. Elle marche et stimule la blessure, avance et s’emplit de désirs plus sales encore. Son corps n’est qu’une pierre frottée contre le sol à en saigner.&lt;br /&gt;Revoit les images, un homme à la belle allure pourtant. Elle pourrait presque imaginer avoir du désir pour lui.&lt;br /&gt;Marche encore.&lt;br /&gt;Elle est fatiguée. Bientôt rejoindra la petite et froide couche, dans la mort de la nuit d’opale qui laissera la place à un jour terne et impossible, qu’elle n’aura d’autre choix de fuir, dans le sommeil, dans les substances, dans le dégoût.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116800185716687918?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116800185716687918/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116800185716687918' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116800185716687918'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116800185716687918'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2007/01/pour-un-monde-meilleur-8_05.html' title='Pour un monde meilleur (8)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116723712945551014</id><published>2006-12-27T16:18:00.000Z</published><updated>2007-01-03T13:21:22.346Z</updated><title type='text'>maigres fêtes</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/1600/945958/foret%20mamma.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/320/70491/foret%20mamma.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/1600/725495/foret%20mamma.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;hard to tell or recognise a sign&lt;br /&gt;to see me through a warning sign&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;first the thunder satisfied,&lt;br /&gt;if the past it will not lie&lt;br /&gt;then the storm torn asunder&lt;br /&gt;the future you and I get blown away&lt;br /&gt;in the storm in a lifetime&lt;br /&gt;and as the rain it falls begin again,&lt;br /&gt;as the storm breaks through heavy in my heart&lt;br /&gt;believe the light in you&lt;br /&gt;so the light shines in you without color,&lt;br /&gt;faded and worn torn asunder in the storm&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;unless the sound has faded from your soul&lt;br /&gt;unless it disappears&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;first the thunder selfish storm&lt;br /&gt;then the storm hold on the inside&lt;br /&gt;torn asunder one life in the storm&lt;br /&gt;in a lifetime in a lifetime&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116723712945551014?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116723712945551014/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116723712945551014' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116723712945551014'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116723712945551014'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2006/12/maigres-ftes.html' title='maigres fêtes'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116587313675999496</id><published>2006-12-11T21:35:00.000Z</published><updated>2006-12-21T18:37:08.246Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (7)</title><content type='html'>Le débat s’enlise, enferme ceux qui cherchent une issue.&lt;br /&gt;Elle sent bien qu’elle est à deux doigts de perdre le contrôle, de se lâcher : de se révéler.&lt;br /&gt;Les échanges par mail avaient cet avantage au moins de donner le sentiment de pouvoir être parfaitement honnête, enfin si l’on oublie le décalage qu’impose l’écrit.&lt;br /&gt;En tout cas dans ces échanges, elle pouvait choisir de dire ou de taire certains aspects, certaines vérités, et parfois certains mensonges aussi. Après quelques années, elle avait appris à se maîtriser. Elle s’était imposé quelques règles simples, comme ne jamais répondre tout de suite à un mail. Ne pas laisser l’affectif réagir, surtout dans un médium qui utilise l’écrit.&lt;br /&gt;Alors, malgré la peur d’être localisée, elle avait réussi à apprécier la liberté de l’anonymat ou simplement de la non présence.&lt;br /&gt;En live, c’est différent. Il faut se confronter au visage, à l’autre et à soi, dans ce qu’il nous reste de plus humain : la possibilité de se trahir. Rougir, déraper, lâcher une information que l’on s’est juré de taire.&lt;br /&gt;Sans doute est-ce le plus douloureux. L’impossibilité de la confiance. Après avoir perdu ses amis un par un car la haine ancrée dans leur histoire était plus forte que l’affection pourtant réelle qu’ils avaient su jadis lui porter, elle se retrouvait au milieu de personnes dont elle partageait à priori les idées sans pour autant être sûre de leur bienveillance, et pire encore de leur réelle implication dans tout cela.&lt;br /&gt;Il s’agissait de survie. Au sens le plus strict du terme. Il n’y avait pas de retour possible. Pour vivre il fallait désormais pouvoir exister. Justement parce que l’on avait cru avoir dépassé l’horreur, l’avait-on faite impossible. Elle était encore partout présente, mais il y avait comme une erreur dans l’équation. A l’ère de la technologie, du partage licite ou illicite des données. A l’heure où l’on avait consommé la mort des croyances et idéologies, on avait cru un instant pouvoir se penser égaux. Alors quel était ce destin stupide et commandité par la stupidité ?&lt;br /&gt;Comment se pouvait-il que l’on soit disqualifié d’avance pour ce que l’on était ?&lt;br /&gt;Survivre, exister, cela signifiait croire en ce non retour.&lt;br /&gt;Alors qu’au fond d’elle, et de la plupart de ceux qui sont réunis autour de cette table en mélaminé, le retour est inéluctable.&lt;br /&gt;Chacun le voit pour lui, ou pour l’autre, selon que ça l’arrange. Mais s’ils sont réunis ici, s’ils ont décidé un temps de quitter leur confort éternel, c’est sans doute parce qu’ils étouffent de ne plus pouvoir vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais sont-ils tous de vrais « viveurs » ?&lt;br /&gt;Comment être sûr qu’il n’y a pas des entrants, des sous-marins venus espionner cette simple entreprise de survie ? comment se confier tout à fait à ceux que l’on ne connaît pas vraiment, à qui l’on a simplement posé quelques questions par mail pour être sûr que l’on est dans le même camp ?&lt;br /&gt;Comment également continuer à les avoir près de soi, ne pas les décourager. Encore il faut se modérer. Toujours se contenir. Souffrir en silence de l’étrange situation de ceux qui ont traversé l’écran. Car il serait pire que tout de se savoir vraiment seule. A cela elle ne veut pas se résoudre, elle ne veut pas croire qu’ils puissent n’être qu’une poignée. Alors elle retient ses mots, elle surveille les regards et les réactions en espérant secrètement qu’ils vont répondre de la manière dont elle aimerait qu’ils le fassent. Elle les observe et prononce intérieurement les mots à leur place. Elle attend de savoir, elle écoute les paroles versées inutilement dans l’espace ouaté, avec la douleur contenue de celle qui résorbe sa lucidité pour quémander un peu de tendresse. Non au fond, c’est l’inverse. Elle est tellement lucide qu’elle sait qu’il faut tout maîtriser pour ne pas se voir confronté à la réalité.&lt;br /&gt;Pour ne pas mourir de douleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116587313675999496?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116587313675999496/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116587313675999496' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116587313675999496'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116587313675999496'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2006/12/pour-un-monde-meilleur-7.html' title='Pour un monde meilleur (7)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116523173431710887</id><published>2006-12-04T11:27:00.000Z</published><updated>2006-12-21T13:30:52.196Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (6)</title><content type='html'>- A partir du moment où ça s’est mis à péter de partout, je crois que je me suis retrouvée dans le connu. Un peu comme le onze septembre vous voyez. Non vous n’avez pas l’air.&lt;br /&gt;Moi, je n’ai pas été surprise le onze septembre. Enfin pas tant que ça. Moi ce qui m’a plutôt surprise c’est que ça n’arrive pas tous les jours ce genre de chose. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vécu avec la crainte, et en particulier la crainte des attentats. Sans doute était-ce une crainte irraisonnée. La Peur.&lt;br /&gt;La peur de tout. Aussi bien de prendre le train, que l’avion, que de se retrouver dans un édifice religieux que dans un grand magasin. Ce genre de peur quoi. Un espèce de sentiment exacerbé du danger de la vie. Ça remonte à l’enfance sans doute. Je percevais les faits divers comme possibles. Je les prenais en moi, et ils m’empêchaient un peu de vivre. Un peu seulement, sinon je serais devenue folle sans doute.&lt;br /&gt;En tout cas tout cela me semblait faire partie de la vie, alors que j’avais bien conscience que les autres ne réagissaient pas comme moi pour autant.&lt;br /&gt;Elle regarde autour d’elle. La lumière blafarde de la salle. Ce côté suspendu dans le temps, de ces locaux qui ont toujours su se passer d’architecte. Quelle importance après tout ?&lt;br /&gt;Elle est tentée de laisser son regard passer de l’un à l’autre à ce moment, les observer, les sonder pour tenter de savoir ce qu’ils pensent vraiment. Mais non, elle ne veut pas perdre la parole, et ne doit pas se laisser distraire par le doute. Il suffit de ne pas trop lâcher, voilà tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Enfin, je pourrais même dire que j’ai ressenti, non pas une satisfaction, mais comme l’envie de leur dire, vous voyez ? Mais je savais que c’était peine perdue. Je savais qu’au fond, ils préféraient largement être virtuellement épargnés du fait d’une politique lâche, consensuelle, et digne des plus pourris dirigeants de la planète. A peine s’étaient-ils mis à craindre un peu pour leur vie lorsqu’ils prenaient l’avion. Mais cela faisait partie du jeu peut-être. Je n’en sais rien. Enfin bref, le fait est que comme à Madrid, et encore plus ici, dans ce pays à l’âme vaguement collabo, on a remis la faute sur le « nouveau ». Un dirigeant qui dit les choses, ça dérange. Surtout à l’ère du confort. Et là encore, je n’en suis pas sûre. Je dis cela, car c’était mon métier à moi de donner du confort, de ce confort anesthésiant pour tous, enfin pour des privilégiés c’est sûr, mais pas seulement. Le confort c’était notre credo, à un tel point que j’ai fini par me sentir coupable. Enfin je m’égare.&lt;br /&gt;C’était donc la faute du &lt;em&gt;petit&lt;/em&gt;, si les attentats à nouveau touchaient la France. Comme si des attentats on en avait pas déjà dans nos banlieues et tous les jours. Il suffisait ensuite d’attendre le mot d’ordre la permission, mais tout était déjà organisé. S’il y a bien une chose que je peux reconnaître à ces incultes arriérés, c’est qu’ils ont réussi à percer toutes nos failles, et sont parvenus à se faire aider de tous nos idiots utiles. Et ça, c’est leur grande force.&lt;br /&gt;Donc ça a recommencé dans le beau pays des droits de l’homme. Et en plus, on a commencé à voir la limite de notre système de charges sociales, du travail au noir, de petits patrons débordés gagnant le smic mais rêvant malgré tout d’avoir leur part du gâteau du confort, nos constructions ont commencé à présenter des malfaçons graves. Cela faisait quelques temps déjà, que je me disais qu’un jour, ça nous tomberait sur la gueule. Quand je voyais ce qui se passait sur les chantiers.&lt;br /&gt;Enfin voilà, le paysage a commencé à ressembler à la réalité, telle que moi je la voyais vraiment. Les immeubles éventrés, les rues jonchées de gravas, les véhicules calcinés qu’on laisse des jours durant exposés à la vue des média étrangers, je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi. C’était pas Beyrouth, encore que Beyrouth n’a jamais vraiment ressemblé à ce qu’on nous en montrait d’ici.&lt;br /&gt;Non, c’était la France un pays déjà vieux, déjà un peu sale, et qui commençais à croupir sous ses débris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116523173431710887?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116523173431710887/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116523173431710887' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116523173431710887'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116523173431710887'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2006/12/pour-un-monde-meilleur-6.html' title='Pour un monde meilleur (6)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116405868930887514</id><published>2006-11-20T21:36:00.000Z</published><updated>2007-05-15T20:59:34.855+01:00</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (5)</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/1600/838513/AILES7.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/400/189724/AILES7.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/1600/550432/AILES7.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/1600/711449/AILES7.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="left"&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/1600/37942/AILES7.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2227/4030/1600/89932/AILES7.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/x2eb7_nirvana-smells-like-teen-spirit"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fond, quand-est-ce que ça a commencé ?&lt;br /&gt;C’est une question qu’elle s’est posée à maintes reprises. Il y a bien sûr eu l’épisode avec ce comique. Daniel n’est-ce pas… à moins qu’il ne s’agisse d’une autre fiction. Non c’était un autre, sans doute.&lt;br /&gt;Elle s’est alors retrouvée sur des forums, d’une chaîne publique comme on disait alors. Les réactions étaient d’une violence inouïe, combien d’appels au meurtre y a-t-elle lu ?&lt;br /&gt;Mais ce n’était pas le début, peut-être un révélateur, un peu plus dérangeant que les autres. Au fond il ne s’agissait que d’une continuité, peut-être même que cela avait commencé avant sa naissance, sans doute d’ailleurs. Mais lorsque le côté obscur se dévoile d’une manière de plus en plus évidente, il devient difficile de vivre, car chaque horreur passée prend alors un peu de réalité, et vient habiter la chair de ceux qui sont touchés. L’impeccable tableau du spectacle d’une vie, se retrouve fissuré de part en part. il faut ensuite s’accrocher fermement pour penser à nouveau, comme on l’avait fait jusque là, que l’horreur est passée, que l’horreur est un gage contre l’horreur, alors qu’elle en est devenu le prétexte.&lt;br /&gt;Quand avons-nous lâché bon sang de bon sang. Et si ce n’était pas nous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un peu difficile de s’accrocher aux choses désormais. Les tissus, les coupes, tout ressemble à avant, mais elle a un peu perdu l’habitude. Elle a fini par se fournir exclusivement sur Internet. Pour des raisons de commodités mais aussi parce qu’elle ne voulait plus prendre les transports en commun, et que la voiture, c’était aussi devenu impensable.&lt;br /&gt;C’était avant le Test bien sûr, la période de non consommation, cette espèce de connerie à laquelle elle avait cru souscrire à un moment. Et depuis, elle achetait très peu, dans des circuits particuliers.&lt;br /&gt;Elle est un peu désemparée. Non pas qu’elle sente précisément le vide entre ce moment et celui qui pourrait l’avoir précédé en ce même lieu, non, car franchement, on pourrait se croire au même endroit au même moment. Non. Encore une fois, c’est la rupture qui l’assaille, et l’empêche d’avancer. Le moment où les rêves ont échoué, où finalement on comprend que ce que l’on a voulu, non seulement n’est pas possible, mais n’est pas bon. Alors elle se laisse aller un peu, la gorge nouée. Regarde autour d’elle, autour de ces trahisons multiples. Pense à la mini-bombe dans son sac, qu’elle pourrait à tout moment activer.&lt;br /&gt;Finalement les larmes ont le goût amer de la poésie avortée.&lt;br /&gt;Soudain elle imagine…&lt;br /&gt;J’imagine que nous avancions tous masqués, dans la rue, dans les boutiques, partout, enrubannés de noir, tels des Belphégor télescopés dans notre réalité post contemporaine. Ne serait-ce pas torride au fond.&lt;br /&gt;Cela ressemblerait un peu à une version street d’Eyes Wide Shut. Ne serions-nous en effet pas nus sous ces voiles aussi inquiétants que troublants. Ainsi la partouze pourrait commencer. Tous inconnus aux yeux des autres, nous chercherions des coins dérobés afin d’accomplir notre tâche salace. Ce serait la débauche en bas de chez soi, partout, des gens ignorant tout les uns des autres forniqueraient sans relâche, pour la simple raison de n’être pas reconnus d’autrui.&lt;br /&gt;Les enfants peut-être seraient épargnés, de cette envoûtante et répugnante danse de séduction pornographique.&lt;br /&gt;Mais au fond, c’est bien de cela qu’il s’agit, d’une perversion plus basse que basse qui fait craindre l’autre, et n’a confiance que dans notre bestialité. Celles qui avaient peur des hommes jusque dans l’Hôpital (enfin c’étaient eux qui en avaient peur, leur impuissance leur saute à la gorge) n’avouaient-elles pas ainsi, que chez elles (chez Eux), il était impossible de se contenir, qu’une femme dénudée n’était rien d’autre qu’une proie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Calme-toi Martha. Les prix n’ont pas bougé. Pense que ces pièces de tissus, sont les reliques de ta vie. De ton existence, et qu’il te faut t’y accrocher. Même si la trahison a bien eu lieu. Tu dois acheter les vêtements de ta jeunesse, et les emporter avec toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116405868930887514?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116405868930887514/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116405868930887514' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116405868930887514'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116405868930887514'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2006/11/pour-un-monde-meilleur-5.html' title='Pour un monde meilleur (5)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116343058222276769</id><published>2006-11-13T15:05:00.000Z</published><updated>2006-11-23T14:35:02.990Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (4)</title><content type='html'>&lt;em&gt;I won’t let you down, let you down again.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Rien n’a changé. Au premier regard, elle retrouve les sensations de cette jeune femme qu’elle est encore par certains côtés. Au fond on ne change pas, on se résigne sans doute un peu. On renonce à croire, et pire encore on renonce à convaincre, mais sans doute demeure-t-on l’adolescent qu’on a été, peut-être même l’enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les bâtiments sont les mêmes, certains ont changé, certaines enseignes se sont implantées, d’autres ont disparu du boulevard. Mais globalement, on est sur la même planète, on pourrait s’y croire en tout cas.&lt;br /&gt;De petites âmes flottent dans l’air, partout, elle seule les perçoit. Elle ne peut les dire.&lt;br /&gt;Elle a fini par comprendre qu’elle fait partie de cette caste des intouchables qu’on ne croira jamais plus, plus ici en tout cas. Elle pense non sans une certaine ironie à Sarah Connor. Mais ce sont finalement les images de cette jeunesse qui la submergent. Le Saint-Germain des Prés, elle se souvient d’y avoir vu &lt;em&gt;Le Mépris&lt;/em&gt;, elle se souvient aussi du rouge à lèvres qu’elle portait ce jour là. Elle avait ensuite rejoint les Beaux-Arts et le cirque de ces jeunes gens animés par on ne sait quoi…&lt;br /&gt;Le temps n’est pas long, le temps est court. Pour que l’on puisse se souvenir plus de vingt ans après d’un stupide apparat. Myriam encore, une vocation de modeuse.&lt;br /&gt;Une vocation d’architecte, un emballement à couper le souffle, y croire, s’en nourrir, ne désirer que cela. Orienter sa vie en fonction de sa passion, puis découvrir que l’on est dans un pays mort, sans passion justement. Un pays dont les motivations sont gavées d’idéologies passées et défroquées qui plus est. Plus nauséabondes qu’il est permis de le croire, et pourtant. L’injustice n’est pas humaine, elle est française. Elle l’a été et le sera encore. Bon, il est temps d’arrêter de ressasser. Cela ne rajeunit pas justement. Evacuer les souvenirs, joyeux malgré toute leur incongruité de moments d’un espoir vain. Elle n’a pas été malheureuse depuis, au contraire. Simplement se demande-t-elle à quoi ça sert. Pourquoi un tel ratage. Pourquoi la France échoue-t-elle toujours à être ce qu’elle croit pouvoir être ? qu’est-ce qui fait le terreau d’un pays, qui le pousse à toujours revenir sur ses erreurs passées, y a-t-il un Destin National ?&lt;br /&gt;De toute façon, personne ne voit rien, à part Sarah Connor, comment de cinéphile qu’elle a été, peut-on devenir Sarah Connor?&lt;br /&gt;En quittant la gauche sans doute.&lt;br /&gt;D’abord ce magasin qui portait un nom japonais et ne vendait que des pièces de créateur. Elle avance, les souvenirs sont trop forts. Combattent en elle.&lt;br /&gt;D’accord pense-t-elle.&lt;br /&gt;C’est vrai, ce quartier, cette école, tout cela n’est pas anodin, une partie de ma vie a commencé ici. Vous voulez quoi ? une sorte de reconnaissance, c’est ça ?&lt;br /&gt;Ok, je vous la donne, je vous donne cette reconnaissance de ma vie. De ce futur que vous avez orienté, tenté de pervertir comme vous avez pu, mais qui m’a donné du bonheur, sans doute. Mais ce n’est pas la fin. Non&lt;br /&gt;Il y en aura encore. Je brave le danger de vos bombes, de vos attaques pour vous dire merde, pour vous signaler que vous ne pouvez pas gagner à chaque fois.&lt;br /&gt;Notre intelligence vaincra contre vos stupides.&lt;br /&gt;Ces bouffées qui me reviennent m’indiquent simplement que je peux quitter ces terres, j’emporterai avec moi quelques bons moments, de quoi me souvenir encore. Que j’ai eu la chance de vivre ma jeunesse à une époque de relative prospérité, de paix, de modernité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Bonjour ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement elle entre chez Agnès B.&lt;br /&gt;On ne trahit pas aussi facilement ses anciennes amours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116343058222276769?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116343058222276769/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116343058222276769' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116343058222276769'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116343058222276769'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2006/11/pour-un-monde-meilleur-4.html' title='Pour un monde meilleur (4)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116290057354867569</id><published>2006-11-07T11:54:00.000Z</published><updated>2006-11-07T11:56:13.560Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (3)</title><content type='html'>Cela ne ressemble pas exactement à ce qu’elle a connu.&lt;br /&gt;Elle est une jeune étudiante timide et fauchée, qui pénètre à reculons dans ces lieux qui inspirent la crainte d’être rejetée. De grandes vendeuses blondes habillées de manière étrange l’accueillent, qui semblent dire « petite tu n’es pas à ta place ». Eventuellement à l’heure des soldes osait-t-elle s’y aventurer, avec cette autre, une certaine Myriam, dont elle n’a jamais réussi à percer le mystère des revenus. Par quel miracle, puisqu’elle n’était vraisemblablement pas nantie (n’avait-elle dû pas travailler comme guide au Louvre, payée au smic) parvenait-elle à garnir de manière aussi récurrente une garde robe riche en pièces de « créateurs » au prix indécent. Plusieurs hypothèses s’offraient à elle, soit elle recevait une rente d’une vieille tante sans descendance, soit, et cette version possédait l’avantage d’éclairer vaguement le comportement trouble de la jeune femme, celle-ci échangeait ses charmes contre quelques pièces rares et chères. En gros Myriam était une pute d’un nouveau genre.&lt;br /&gt;Grande, blonde et effacée, elle affichait une discrétion qui la faisait presque disparaître aux yeux des autres, sauf à ceux à qui la mode parlait. Alors remarquait-on ce visage harmonieux, au teint diaphane, et ce corps un peu fort, magnifiquement dissimulé dans cette élégance presque trop parfaite de retenue. Car la jeune femme ne possédait aucune forme de vulgarité autre que celle connue de quelque oreille aussi indiscrète qu’informée : elle s’alcoolisait à outrance à chaque soirée d’étudiants, et finissait ensuite dans le lit d’un quelconque connard qu’elle espérait sans doute conquérir ainsi, alors qu’il l’ignorerait sans superbe le lendemain, ou les jours suivants.&lt;br /&gt;Ensuite, elle traînerait son incompréhension, et sa grande dépression dans les couloirs immondes de cette école d’architecture dont l’indigence des locaux ne pouvaient que produire de futurs professionnels incompétents. Alors elle chercherait la compagnie de cette autre solitaire, qui elle aussi cherchait l’amour, à moins qu’elle ne l’aie trouvé, c’est une autre histoire. Et cette autre, jamais n’oserait lui dire que son comportement n’était pas digne de ce physique exceptionnel, de cette intelligence évidente empêchée par cette gravité inepte. D’autant qu’elle n’était pas sûre au fond, qu’il soit interdit de s’éclater ainsi, de coucher avec qui bon vous semble, de perdre son humanité à se traîner dans les humidités de sécrétions accidentellement versées sur le sol déjà souillé de quelque bar, de quelque salle en sous-sol, de quelque lieu glauque que les jeunes aiment à fréquenter sans crainte. L’époque était plus sereine, à peine avaient-il eu quelques raisons de s’inquiéter au moment de la première guerre du Golfe, mais cela n’avait pas duré. Ils pouvaient s’éclater dans un monde sans « principe de précaution ». Déverser ce trop plein d’eux-mêmes vers qui voulait l’entendre, se vomir jusqu’à n’avoir plus que la peau à retourner. Vivre cette jeunesse désenchantée dans les excès qui leur étaient permis. N’exagérons rien tout de même. Le Sida, le chômage, la fin des grandes idéologies avaient atteint ce que jeunesse avait pu. Espérer dans l’innocence.&lt;br /&gt;Myriam s’éclatait dans ce désespoir qu’elle représentait si bien, se noyait dedans jusqu’à disparaître, jusqu’à laisser ces jeunes animaux humilier ce corps qu’ils ne faisaient sans doute pas jouir, mais qui jamais ne parviendrait à cette conclusion évidente : ils se servent de moi. Je ne suis qu’un inutile trophée. Je ne suis qu’un meuble dans ce lieu sans âme, résidu d’une autre époque que seul le deuxième cycle des écoles de France aura réussi à maintenir en vie. Ce vieux trotskisme décadent, incapacitant, inutile et malfaisant,  dont l’hypocrisie dépassait toute raison.&lt;br /&gt;La logique ne trouvait aucune place là où l’imbécillité avait assis son règne.&lt;br /&gt;Dans le lieu où le temps n’a pas cours, une île en ce beau pays de France où le reste est effacé, comme par magie, rien ne compte, sinon ce spectacle qui ne se soucie que de lui-même.&lt;br /&gt;Myriam savait, mais était trop faible pour lutter. La noirceur des années à venir l’avait déjà recouverte elle, par avance.&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116290057354867569?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116290057354867569/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116290057354867569' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116290057354867569'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116290057354867569'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2006/11/pour-un-monde-meilleur-3.html' title='Pour un monde meilleur (3)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116250066529471571</id><published>2006-11-02T20:47:00.000Z</published><updated>2006-12-21T13:34:27.526Z</updated><title type='text'>Pour un monde meilleur (2)</title><content type='html'>Profiter encore un peu, de ce que l’on avait appris à apprécier, comme un bienfait, espérant en rejeter la culpabilité, et se promener encore, comme à vingt ans, dans un petit blouson en cuir serré, avec un joli sac très chic, en rêvant à de beaux espaces. Oubliant que la poussière partout venait recouvrir l’avenir auquel elle avait cru sans se poser de questions, soulevant de ci de là quelques maigres indices, qui ne venaient que perturber très faiblement le sens du progrès. Ce vers quoi, en cette fin de vingtième siècle, où l’on pensait avoir dépassé définitivement l’horreur, on croyait avancer enfin : un individualisme heureux, relativement charitable toutefois, aveugle un peu sans doute, mais non. Ce n’était pas notre faute. Ce n’était pas la faute de nos parents. Ils étaient nés au réveil du cauchemar. Ils n’avaient qu’à prendre la beauté d’un tel réveil pour argent comptant. Et n’allez pas croire que c’était facile. C’était juste incontournable. C’était cela le sens.&lt;br /&gt;Et elle voulait continuer, comme ses parents, obtenir, gagner, accumuler. Et cela non plus n’avait pas été facile, car la France déjà était un pays entravé. Travailler et faire travailler, était même devenu impossible ou tellement pénible que l’on finissait par se dire que tout faisait partie d’une entreprise volontaire de sape qui n’aurait d’autre but que de précipiter le pays à sa perte, et d’en finir enfin.&lt;br /&gt;La belle âme gauchiste avait continué à attacher ses boulets un peu partout au point qu’aujourd’hui, en ces heures critiques où l’on cherchait la liberté partout où elle pouvait se trouver on finissait par se demander si pensée de gauche avait un jour été positive. Finalement, penser à l’autre, n’était-ce pas ne pas lui vouloir de mal, point ?&lt;br /&gt;Je ne vous hais point, démerdez-vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait eu de l’ambition, elle avait travaillé dur, pour ses études et aussi pour gagner un peu d’argent. Elle avait cru qu’avec talent et surtout volonté on pouvait espérer sortir du lot des ratés par avance que l’on envoyait à la fac ou à l’école pour les occuper tout au plus, en leur faisant perdre leur temps en réalité, dans ces cours dispensés par des médiocres qui eux-mêmes compensaient leur échec en fournissant quelques heures plus ou moins grassement rémunérées à ce qui osait se prétendre une école.&lt;br /&gt;Zoo était plus juste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il restait peu de temps avant le départ. Alors elle jouirait encore. Quelques jours à peine, irait-elle arpenter les rues de la capitale, sachant que c’était peut-être pure folie. Mais elle devait le faire. Encore un peu se rendre dans ces boutiques qui avaient envahi son imaginaire depuis l’époque où elle étudiait aux Beaux-Arts jusque très récemment. Elle braverait le danger encore un peu, elle résisterait pour acheter encore quelques vêtements, une part de rêve pour partir digne, élégante — se plaire. Finalement la consommation de masse n’était-elle pas une démocratisation de ce à quoi seules les élites pouvaient jadis prétendre.&lt;br /&gt;Le droit de se croire supérieur aux autres ou en tout cas de se rêver tel, de vouloir se vêtir de manière aristocratique afin d’échapper à un prosaïsme déprimant, plus encore en ces heures sombres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.G&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116250066529471571?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116250066529471571/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116250066529471571' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116250066529471571'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116250066529471571'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2006/11/pour-un-monde-meilleur-2.html' title='Pour un monde meilleur (2)'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116189565972869275</id><published>2006-10-26T21:42:00.000+01:00</published><updated>2006-11-03T14:07:48.663Z</updated><title type='text'>Welcome</title><content type='html'>Bienvenus dans le Laft Project*, fiction live empruntant plusieurs voies ou supports. Ni vous, ni nous ne savons précisément où elle nous mènera, mais là n’est pas l’intérêt de la chose. Ce qui importe sera de cheminer à plusieurs dans l’inabouti, et pourtant d’en tirer profit. D’avancer, de tester, de manière littéraire et manuelle la possibilité de créer, de dire, et de faire réagir, sans pour autant avoir la prétention de réussir.&lt;br /&gt;Ce blog se veut un lieu du décalage, de la discrétion, mais il ne vous sera pas interdit de réagir de la manière la plus concrète qui soit, en commentant par exemple l’actualité ou en suggérant à nos auteurs ou intervenants de suivre telle ou telle voie.&lt;br /&gt;Ce blog a un but qui vous sera révélé au fil de son évolution, à moins qu’il ne s’agisse d’un leurre de la fiction.&lt;br /&gt;Nul ne le sait encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les réactions seront cependant contrôlées. On appellera cela censure si l’on veut. Il s’agit plutôt de comprendre que les réactions participent au fil de la fiction, certaines seront d’ailleurs publiées en page si nécessaire, elles doivent donc s’adapter à la ligne générale du blog, sans pour autant être forcément en parfaite adéquation avec tout.&lt;br /&gt;Mais, nous n’avons pas l’illusion de convaincre nos ennemis et leurs idiots utiles, alors pour ne pas perdre de temps, nous évacuerons les déchets, parfois nous contenterons-nous si c’est nécessaire d’en extraire le jus et de vous le communiquer, en page ou par mail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A suivre donc.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116189565972869275?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116189565972869275/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116189565972869275' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116189565972869275'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116189565972869275'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2006/10/welcome.html' title='Welcome'/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36117071.post-116100558023319614</id><published>2006-10-16T14:29:00.001+01:00</published><updated>2006-11-09T05:02:03.413Z</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2227/4030/1600/blog3.2.jpg"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2227/4030/400/blog3.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; Il s’agissait de ne pas mourir, pour pouvoir jouir encore.&lt;br /&gt;Jouir plus que d’ordinaire car la mort était proche, son odeur enveloppante s’insinuait dans chaque parcelle de liberté qu’ils avaient abandonnée.&lt;br /&gt;Ce besoin devenait physique, comme la peur de manquer, de ne plus jamais sentir, sentir avec ce peu d’humain qu’il nous restait.&lt;br /&gt;Sans doute avions-nous cru que c’était mal. Par notre éducation d’un autre âge se transmettaient des frustrations ou des blocages, sans doute, mais cela n’avait pas d’importance, peut-être était-ce cela la morale, nous en avions eu besoin.&lt;br /&gt;Mais aujourd’hui que c’étaient eux qui voulaient nous l’interdire, il nous fallait en prendre le droit, et le devoir. Notre devoir d’adultes dans un monde habité par des enfants, de tailles diverses sous l’emprise d’une seule parole aux nombreux visages.&lt;br /&gt;Il fallait aussi en finir avec l’optimisme de nos petits soldats zélés. Non rien ne changerait. Tout était en train de pourrir sur place. Et si elle avait cru un jour vouloir ou pouvoir mourir pour une cause, ce jour était passé, d’autres envies lui étaient venues depuis. D’autres nécessités. Comme celle de les laisser découvrir par eux-mêmes, ce qu’ils avaient sans le savoir appelé de leur vœux. Il restait une crainte toutefois, l’Histoire repassait non seulement les plats, mais elle avait cette nouvelle manie, elle voulait effacer les précédents. En effaçant l’Histoire ou en la soustrayant au jugement, on ôtait à tous ses spectateurs, puis à leurs descendants toute lucidité, à moins qu’il n’existât une lucidité immanente, chez certains qui seraient comme des guides, sortes de Néo, dans la Matrice faite monde. Rien n’était moins sûr.&lt;br /&gt;Pour l’heure, on préparait sagement leur aveuglement futur, noyé dans ce confort qu’ils pensaient éternel et indestructible. C’était cela le totalitarisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M. G.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36117071-116100558023319614?l=laft-project.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laft-project.blogspot.com/feeds/116100558023319614/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36117071&amp;postID=116100558023319614' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116100558023319614'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36117071/posts/default/116100558023319614'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laft-project.blogspot.com/2006/10/il-sagissait-de-ne-pas-mourir-pour_16.html' title=''/><author><name>M.G</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17044279224910423388</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry></feed>
